La population civile prise au piège. Un corridor humanitaire est nécessaire (OSCE)

La façade de l'hôpital N27 de Donestk atteint (crédit : Ostro)
La façade de l’hôpital N27 de Donestk atteint (crédit : Ostro)

(BRUXELLES2) Le chef de la mission des observateurs de l’OSCE en Ukraine, Ertugrul Apakan, a appelé mercredi soir (4 février) les parties au conflit en Ukraine (Ukrainiens et prorusses) à mettre fin aux bombardements aveugles des zones résidentielles, autour de Debaltseve et d’autres régions de l’Est de l’Ukraine, à établir une trêve temporaire qui permettrait l’évacuation immédiate de la population civile. La mission d’observation de l’OSCE « est prête à faciliter et à soutenir la trêve, qui devrait prendre effet immédiatement et rester en place pendant un minimum de trois jours » a-t-il indiqué. « La population de l’est de l‘Ukraine a assez souffert. »

Une population prise en otage

Un appel semblable avait été fait, peu avant, par le CICR, le Comité international de la Croix-Rouge, à Genève. Les habitants ont désespérément besoin de sécurité, de vivres, d’eau, de médicaments, d’électricité et d’abris. « L’absence totale de sécurité fait qu’il est parfois impossible d’atteindre les personnes en détresse », raconte Michel Masson, chef de la délégation du CICR en Ukraine. « La situation empire de jour en jour. Les habitants restent cachés dans les sous-sols des immeubles durant des jours, et ceux qui osent s’aventurer à l’extérieur pour tenter de se procurer des biens de première nécessité risquent de se faire blesser ou tuer. »

L’hôpital n°27 de Donetsk pris pour cible

Alarmé par les « dommages répétés aux installations médicales, des deux côtés de la ligne de front » en Ukraine, le CiCR a particulièrement appelé à respecter les centres de soins. L’organisation internationale mentionne en particulier l’hôpital n°27 à Donetsk dans le quartier de Textilschiki, « atteint aujourd’hui par des tirs d’artillerie comme d’autres structures civiles, notamment une garderie d’enfants ». « Ce n’est pas la première fois que des hôpitaux ou d’autres structures hospitalières sont prises sous le feu — témoigne Joan Audierne, chef du bureau du CICR à Donetsk —. « Le personnel médical travaille dans des conditions très difficiles. Les infrastructures civiles et les patients doivent être épargnés. Si vous n’êtes pas en sûreté à l’hôpital, où vous pourrez l’être ! »

Le droit international humanitaire violé

Et le CICR de rappeler aux différentes parties au conflit les principes du droit international humanitaire : s’assurer que le personnel médical ne soit pas mis en danger ou visé, que les hôpitaux et ambulances ne soient pas attaqués, endommagés ou utilisés à d’autres fins. « Le droit international humanitaire interdit les attaques menées sans discrimination – rappelle-t-il. Les attaques ne doivent notamment « pas être dirigées contre des civils ou des biens de caractère civil, comme les maisons, les écoles, les structures médicales et les véhicules sanitaires, ou contre des biens indispensables à la survie de la population civile, comme les denrées alimentaires et les installations d’eau potable ».

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).