Le nouveau pont de Bangui bientôt en place. Une coopération très européenne (maj)

(crédit : EUFOR RCA)
(crédit : EUFOR RCA)

(BRUXELLES2) C’est une histoire très européenne qui va marquer le prochain pont installé à Bangui pour relier 2e, 3e et 5e arrondissements de la capitale centrafricaine, divisés à présent par un canal. Un pont symbolique (*) comme l’avait été à Mostar aussi reconstruit par les Européens.

Derniers essais de montage au camp Ucatex

Les sapeurs du génie italien de l’opération européenne de maintien de la paix en RCA (EUFOR RCA) viennent d’achever, avec succès, les essais de montage du pont métallique modulaire, avec la supervision d’ingénieurs militaires… tchèques. Une des dernières étapes avant la mise en place définitive. Une structure d’essai de 30 mètres de longueur (comprenant les rampes d’accès) a été réalisée dans une zone dédiée de la base UCATEX, à Bangui. Le montage a été précédé par une formation théorique sur les procédures techniques d’assemblage. Six modules – pour un total de 1.000 éléments et un poids de 20 tonnes – ont été mis en œuvre pour reproduire la structure

Le pont « Agnès de Bohême »

Le pont est un don de la république Tchèque (il était à l’origine fabriqué en Pologne). Il figurait dans la liste des demandes faites par le commandement d’EUFOR RCA aux Etats membres. Et la décision a été approuvée au final par le gouvernement tchèque début décembre. Ce don « devrait contribuer à améliorer les conditions de vie des habitants de Bangui,  le pont original sur le canal, qui assure la circulation des personnes et le transport de marchandises entre les différents quartiers de la ville dans la capitale, ayant été détruit pendant le conflit », avait expliqué à l’époque le chef adjoint d’état-major de l’armée, le général Jiří Baloun. Le pont devrait recevoir le nom de « Agnès de Bohême ». Un nom choisi après un concours dans les écoles tchèques. Agnès de Bohême était la patronne des malades, les pauvres et des souffrants, poussé pour la paix sans guerres et la violence, miraculeusement protéger le pays avant la guerre tchèque. Un nom encore non confirmé sur place mais qui a été gravé sur une plaque d’acier, qui devrait être fixée après la construction de la structure du pont.

(crédit : MOD tchèque)
Le pont tel qu’il était sera une fois monté – à l’origine en république Tchèque en juillet 2013 (crédit : MOD tchèque)

Une histoire de lego très européenne

D’un poids de 45 tonnes et d’une longueur de 24 mètres, le pont a du être démantelé, avant d’être transporté, réparti en 1700 pièces, mis sur 141 palettes, avant d’être glissé dans un Antonov An-124 russe spécialement affrété à l’occasion par la Suède (qui a payé le transport au titre du contrat Salis de l’OTAN). L’avion est parti l’aéroport de Pardubice, après une escale à Madrid (Espagne) pour prendre différents matériels. Il est aujourd’hui mis en œuvre par le génie des troupes de montagne italiennes, avec l’assistance allemande et tchèques, notamment des ingénieurs du 153e Bataillon d’Olomouc, qui reconstituent patiemment le Lego. Tandis que le dispositif sécuritaire du chantier, dans la ville, sera assuré par le Bataillon Multinational de l’EUFOR et l’Unité de la Gendarmerie européenne. Des missions de reconnaissance technique vont être menées sur le site de construction pour établir toutes les mesures préalables à la pose du pont.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Ce pont est mis en place à titre provisoire, en attendant un pont qui sera reconstruit en dur (béton), le pont « Castor », financé par la Commission européenne.

PontDesssinEcole@Cs141201
le dessin des écoliers tchèques illustrant le concours pour le pont (crédit : MOD Tchèque)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).