Belgique. Les terroristes préparaient une opération d’envergure. La police dans le viseur (maj)

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(BRUXELLES2) L’enquête était en cours depuis plusieurs semaines. Elle a finalement débouché hier fin d’après midi et fin de soirée, dans plusieurs communes de Belgique (lire : Un attentat déjoué en Belgique), comme vient de la confirmer ce vendredi midi (16 janvier), le Parquet fédéral belge dans une conférence de presse tenue à Bruxelles. Il y a eu « 12 perquisitions au total », dont 2 à Verviers (dont la rue de la Colline qui a été la plus spectaculaire), et 10 en région bruxelloise ou Brabant flamand : 6 à Molenbeek, 1 à Anderlecht, 1 à Bruxelles-ville, 1 à Berchem St Agathe, 1 à Lindekerke. Mais aucune à Vilvorde comme certains médias (et la bourgmestre de Molenbeek) l’avaient mentionnée hier.

2 morts et 15 arrestations (dont 2 en France), dont des combattants étrangers

13 personnes ont été appréhendées : 1 à Verviers, 9 à Molenbeek, 2 à Bruxelles, 1 à Berchem. Parmi eux, différentes personnes se sont effectivement « battues en Syrie » (mais pas tous). « Deux personnes ont été interceptées en France, de nationalité belge ». La Belgique a demandé l’extradition de ces personnes. L’identification des deux suspects tués par la police à Verviers jeudi soir (15 janvier) est « toujours en cours ». Le parquet n’a cependant voulu donné aucune information sur la nationalité des différentes personnes impliquées : certains sont de nationalité belge mais pas tous. En revanche, l’arrestation de deux personnes à l’aéroport de Zaventem, hier à leur retour de Syrie « n’a pas de lien avec ce dossier » a indiqué le magistrat.

(maj) Dans la soirée de vendredi, le parquet a indiqué que 5 personnes avaient été inculpées de participation à une entreprise terroriste. Mais 2 laissées en liberté.

Un réseau organisé et bien doté, en armes comme en moyens

Plusieurs armes ont été découvertes à Verviers : 4 armes de guerre de type Kalachnikov AK47, 4 armes de poing et des munitions, des explosifs, des munitions. Ont également été trouvés : « des uniformes de policiers, des faux documents, des moyens de communication importants (gsm et talkies walkies) Û. A Molenbeek, un équipement plus léger a été récupéré : « 1 arme de poing, des armes blanches, des munitions, de nombreux GSM et divers objets et documents » utiles à l’enquête. Une source gouvernementale belge mentionnait un « degré de professionnalisme des terroristes belges, apparemment « supérieur » à celui des terroristes de Paris » comme le relate mon confrère Martin Buxant. Il y a avait des « changements de véhicules fréquents, des écoutes téléphoniques difficiles, un arsenal important ».

Objectif : la police… mais pas seulement ?

Une cellule terroriste a été démantelée a précisé un magistrat du parquet fédéral belge « ainsi que sa structure logistique ». « Nous avons voulu concentrer notre enquête (non seulement) sur la cellule mais aussi sa structures logistique également ». « L’enquête était menée depuis plusieurs semaines. (Elle) a permis de déterminer que ce groupe était sur le point de commettre attentat terroriste sur la voie publique et sur les commissariats ». L’objectif d’un enlèvement d’une personnalité – comme évoquée dans les médias – n’a été ni confirmée, ni infirmée par le Parquet qui s’est refusé à donner « d’autres détails ».

Une opération belge sans lien avec d’autres

L’incertitude demeure car l’enquête continue. Et d’autres pourraient venir. « On ne sait même pas ce qui peut se faire dans les jours et semaines à venir ». En revanche, le Parquet, a indiqué que cette affaire « n’a pas de lien avec ce qui s’est passé à Paris, en l’état ». De la même façon, il n’a pas mentionné de liens avec l’opération menée ce matin en Allemagne. « Cette opération ne fait pas partie d’une opération de grande échelle au niveau européen. C’est une opération belge menée en Belgique. » En revanche, il y a bel et bien « des contacts au niveau européen ».

NB : il parait certain qu’il y a eu concertation rapide de certains responsables de police, à haut niveau, certainement, pour accélérer les enquêtes, lancer des opérations préventives au besoin, pour stopper de possibles préparations d’attentats, mais aussi désorganiser les réseaux « dormants » ou « prêts à l’action ».

 (NGV)