L’A400M taxi du ciel

(crédit : Ministère FR de la défense)

(crédit : Ministère FR de la défense)

Avec le nouvel avion européen de transport A400M, on peut tout faire. C’est un peu la démonstration qu’a faite le Capitaine Karim Djemai du ministère français de la Défense.

Démonstration intéressante car elle illustre à la fois les capacités du nouvel avion, mais aussi les efforts menés, au jour le jour, par les armées de différents pays, pour économiser chaque denier, chaque km / fuel.

Le «Ville de Toulouse» (ou MSN 08 selon son nom de code), décolle ainsi de la base aérienne 123 d’Orléans, dans la matinée de mercredi 3 décembre. Objectif : amener matériel et hommes au profit des opérations françaises Barkhane (menée dans la bande sahélo-saharienne) et Sangaris (République centrafricaine) ainsi que l’opération européenne à Bangui (EUFOR RCA).

Escale italienne

L’A400M fait une première escale sur l’aéroport de Vérone (Italie), afin d’embarquer 5,5 tonnes de fret, et 25 militaires italiens qui vont assurer la relève de leurs collègues dans l’opération européenne de stabilisation en Centrafrique (EUFOR RCA). Une liaison qui inaugure, en quelque sorte, l’arrivée de l’Italie dans le commandement européen du transport aérien (EATC), auquel Rome a officiellement adhéré… le 4 décembre 2014. Il redécolle ensuite destination N’Djaména (Tchad) et Bangui (Rép. Centrafricaine). Soit un volume de plus de 100 m3.

1 vol d’A400M = 3 vols de Transall

Dans la carlingue, une cinquantaine de passagers et environ 18 tonnes de fret en tout genre : matériels technique et médical, équipements aéronautiques tels qu’un réacteur M88 équipant les six Rafale stationnés à N’Djamena ou deux «mâts rotors principaux» dédiés aux hélicoptères engagés dans l’opération française « Sangaris » en RCA. «Les dimensions de la soute de l’Atlas nous permettent d’embarquer des volumes que des avions comme le Casa, le Transall ou l’Hercules ne pouvaient pas transporter », selon le commandant Benjamin, pilote de l’escadron de transport 1/61 «Touraine». Pour les 18 tonnes transportées ce jour-là en une rotation, il aurait fallu 3 Transall.

Petit bémol : un avion en phase initiale

Les missions que l’A400M réalise aujourd’hui sont seulement « d’ordre logistique ». Les premiers exemplaires livrés à l’armée française ne disposent en effet que « d’une capacité logistique initiale ». En fait, la totalité des fonctions dévolues à l’avion d’Airbus (comme les missions tactiques) ne seront disponibles normalement qu’avec les avions livrés dans la seconde moitié de 2015. Pour réaliser l’ensemble des missions dévolues comme « le poser d’assaut, l’aérolargage, les ravitaillements en vol, les évacuations sanitaires… — il faudra attendre un peu. « A terme » dit l’officier de l’air.

(NGV)

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