Les cinq grands chantiers de la Commission Juncker

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photo de famille de la Commission Juncker (crédit : CE)

(BRUXELLES2) Le nouvel exécutif européen, dirigé par Jean-Claude Juncker, est entré en fonction maintenant. Le Luxembourgeois et son équipe de 27 commissaires ne bénéficieront sans doute pas vraiment d’une période de grâce. Les défis ne manquent pas. Cinq grands chantiers sont ouverts…

Premier chantier : la crise économique. Le nouveau président de la Commission a promis un paquet de 300 milliards d’euros d’investissements se donnant jusqu’à fin décembre pour présenter un plan détaillé. Mais comment cette somme va être financée, c’est encore un gros point d’interrogation. Autre défi : réconcilier les militants de la relance, emmenés par Rome et Paris, et les tenants de la rigueur, à l’image de Berlin ou Helsinki. Amateur de compromis, à vos tricots !

2e grand chantier : l’énergie. La Commission veut lutter contre le réchauffement climatique. Objectif louable. Mais au-delà, il s’agit de faire du secteur énergétique, un des vecteurs de la relance. Il faut faire une « Union de l’énergie », prévoir les achats en commun, diversifier les sources d’approvisionnement, augmenter la part des renouvelables et favoriser les économies d’énergie. Vaste programme !

3° grand chantier : l’immigration. Il faut renforcer la lutte contre l’immigration illégale, sur tout le pourtour européen, doter l’agence Frontex, chargée de la protection des frontières, de nouvelles capacités. Tout cela sans un sou de plus. Il faut aussi réussir à attirer les « meilleurs », développer une « carte bleue », valable sur tout le territoire européen, à l’image de la « carte verte » américaine. Sensible !

4e chantier : les relations avec la Russie. C’est le principal défi « extérieur » de la nouvelle Commission. La Russie n’est pas seulement un fauteur de troubles dans le conflit ukrainien. C’est aussi, et surtout, un des principaux partenaires économiques de l’Union européenne. Et, pour certains pays, comme la Finlande ou l’Allemagne, la perte de ce marché est difficilement remplaçable. Comment renouer des relations avec un « partenaire » qui est aussi (re)devenu « un adversaire » ? Difficile !

5e grand chantier : renouer avec les citoyens. C’est assurément l’enjeu le plus important de ces 5 prochaines années. Dans une période où le désenchantement est général, redonner aux Européens l’envie de croire que l’Europe peut être la solution et non le problème, est plus que jamais nécessaire. « Nous ne devrions pas européaniser chaque petit problème dans l’UE mais nous concentrer sur les problématiques importantes » répète volontiers Jean-Claude Juncker. Sacré défi…

(Nicolas Gros-Verheyde)

* Article publié dans Ouest-France ce week-end