A Bangui, la pose d’une passerelle n’est pas un détail

PontEnAir 2014-10-19 16.52a(BRUXELLES2) Nous sommes dans le 3e arrondissement, non loin de l’aéroport. Et le génie italien est à l’oeuvre. Objectif aujourd’hui : mettre en place un « overpass », une dalle en acier, sur un petit canal qui empêche voitures et charrettes chargées de passer. Faciliter la liberté de circulation est un des objectifs de la mission militaire européenne EUFOR Rca. Et mettre, ou remettre, en place les routes ou des ponts pour la population y participe. La dalle est lourde, posée à l’aide de la grue du génie italien. « Au moins, comme çà elle ne partira pas tout de suite » souligne le général Pontiès qui est venue assister à la pose.

Parfois les dalles de béton posés sur un des nombreux petits canaux qui relient la ville ont été retirés sciemment. Elle s’est « cassée » explique un habitant dans des quartiers, sans grande conviction. L’objectif affiché est de se défendre contre ceux venus « de l’autre côté ». En fait « C’est une tactique classique des « meneurs », pour « tenir » la population, empêcher les mouvements, et surtout ceux des véhicules. Le but des anti-balakas et autres bandits est de fixer les gens dans leur quartier » explique un officier.

(Nicolas Gros-Verheyde à Bangui)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).