La vie reprend à Bangui

(BRUXELLES2 à Bangui) En début de semaine dans la capitale centrafricaine, après les incidents des derniers jours (tirs contre les forces internationales et tentative de coup de force), la vie a repris de façon spectaculaire de l’avis de tous les observateurs.

Les magasins ont rouvert

Il y a foule dans les rues. La station essence Total a rouvert. Taxis et petits revendeurs font la queue. Certaines banques ont entrouvert leurs portes. Et les habitants font la queue pour toucher leur paie. La plupart des petits magasins (coiffeurs, pharmacies, photographes, mécaniciens…) ont rouvert alors que dans les jours précédents seuls les magasins les plus utiles (nourritures, boissons,…) l’étaient, les autres avaient mis le cadenas. Les taxis (jaunes) et même les minibus (verts) roulent.

Motocyclettes et taxis devant la file d'attente
Motocyclettes et taxis devant la file d’attente

Le rythme de Bangui

Par rapport aux différents incidents qui se sont déroulés depuis le 8 octobre, et la tension encore palpable ces derniers jours, la différence est étonnante. De ci et de là, les éléments de tension demeurent (cache d’arme découverte dans la nuit par exemple). Mais ils restent, pour l’instant, très localisés. C’est le rythme de Bangui.  Et la capitale centrafricaine semble retrouver, avec plaisir, une certaine normalité. Cela ne veut pas dire que l’apaisement est général. « Ici cela peut repartir en un quart d’heure. Surtout après 9 heures du matin et le premier shoot. Et quand il fait beau. Les jours de pluie l’apaisement est souvent de mise », commente un spécialiste de la sécurité, non sans ironie mais pas sans raison.

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Un gros camp de déplacés qui se vide

Denis raconte sa vie au camp de déplacés
Denis raconte sa vie au camp de déplacés

Le camp de déplacés près de l’aéroport se vide lentement.  Au dernier décompte, il restait selon l’ONG Première urgence, 21.000 déplacés. Un chiffre à mâtiner d’un fait : le camp se vide quasi-totalement dans la journée, n’y restent que les femmes, les plus vieux et les jeunes enfants, les déplacés revenant à la nuit. Ceux qui ne sont pas partis du camp, c’est qu’ils n’ont plus le choix : pas de toit, plus d’argent. Comme Denis. « Je louais ma maison et un atelier (pour la menuiserie). Mais le propriétaire a mis quelqu’un d’autre à sa place. Je n’ai plus où aller. En plus, tous mes outils ont été détruits. Et je n’ai pas assez d’argent pour en racheter. »

(Nicolas Gros-Verheyde)