La future Commission Juncker I en manque de femmes. Dernière analyse

Qui sera membre de la Commission « Juncker » ? Combien d’hommes, de femmes ? Quelle couleur politique aura le nouveau collège ? Combien d’anciens de la Commission Barroso II, d’ex Premiers ministres ou ministres ? Extrait de la dernière analyse publiée sur le site du Club B2 et mise à jour durant l’été

Jean-Claude J. face à la presse © NGV / B2
Jean-Claude J. face à la presse © NGV / B2

(BRUXELLES2 – exclusif) A ce jour, 23 Etats membres ont confirmé publiquement un nom officiellement pour siéger dans le futur exécutif européen, selon les informations de B2. Tandis que 4 autres ont indiqué le nom d’un ou plusieurs candidats dans une missive transmise à Jean-Claude Juncker mais non rendue publique. Seul 1 pays — la Belgique — n’a désigné aucun candidat, mais la mise en place d’une coalition « de droite » permet désormais d’identifier 2 noms de personnalités « très » favoris.

Premières leçons

En qualifiant chacun des noms officialisés ou non, on peut ainsi tracer une première représentation des principaux équilibres du nouveau Collège : hommes / femmes, droite / gauche, expérience passée, anciens ou nouveaux commissaires.

Le nombre de femmes reste faible. Si au fil des nominations, on est passé de 1 ou 2 femmes au départ à 4 désormais, ce chiffre reste faible, à comparer avec le chiffre de 9 femmes dans la Commission actuelle (Barroso II). Malgré plusieurs appels à la raison, et pressions de Jean-Claude Juncker en direction des capitales, les hommes ont eu la faveur sur les femmes pour la désignation au sein du collège. NB : certes ce ratio pourrait évoluer du fait des multiples candidatures envoyées par plusieurs Etats membres : la Slovénie notamment, les Pays-Bas voire la Belgique pourraient finalement envoyer une femme. Mais cela reste hypothètique. D’autant que si l’Italie n’obtient pas le poste de Haut représentant pour Federica Mogherini, la probabilité qu’un homme soit envoyée par la péninsule redevient d’actualité et le chiffre minimal retomberait à 3 !

Le virage politique vers la gauche n’est pas aussi radical qu’indiqué : la Commission présente un ratio 70/30 (Droite / Gauche). 19 commissaires peuvent être étiquetés de « droite (chrétien-démocrate ou libéral ou apparenté) tandis que 8 commissaires peuvent être étiquetés de « gauche » (social-démocrate ou apparenté) avec 1 neutre à comparer à un radio 75/25 (Droite / Gauche) dans la Commission Barroso II, avec 20 commissaires de « droite » contre 7 de « gauche ». A comparer également avec l’équilibre 60/40 qui prévaut au Conseil européen (12 Chefs d’Etat et de gouvernement du PPE, 12 appartenant au S&D, 4 appartenant aux Libéraux ou Conservateurs). L’explication tient au fait que les gouvernements en « grande coalition » (Droite/Gauche) ont davantage envoyé un tenant de l’aile droite du gouvernement que de l’aile gauche. Ce déséquilibre politique doit cependant être relativisé par la perte sensible de l’aile libérale (- 2 sièges) au sein du collège, au profit de l’aide chrétienne – sociale (+ 1 siège), qui recentre ainsi vers le centre-droit / centre-gauche le niveau de la Commission. NB : ce chiffre pourrait osciller légèrement (du fait des personnalités diverses envoyées par la Slovénie ou la Belgique) mais le ratio (1/3 – 2/3) ne devrait plus évoluer nettement.

La Commission Juncker parait plus forte avec un nombre d’anciens Premiers ministres plus important : 5 personnalités (en tenant compte de la présence slovène) contre 2 dans la Commission Barroso, tout comme d’anciens ministres : 15 ministres contre 5 (dans la Commission Barroso I

Les anciens commissaires restent une petite minorité. Seul un quart de l’effectif est reconduit. On trouve ainsi 7 « anciens » de la Commission Barroso II et 21 seraient nouveaux dans la fonction. Soit nettement moins qu’auparavant. 11 commissaires avaient été reconduits entre la Commission Barroso I et la Commission Barroso II. NB : ce chiffre a plutôt depuis les premières analyses de B2.

La suite sur le Club (article ouvert à tous durant quelques jours)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).