Hymne : abandonner Beethoven et adopter Arno ?

ArnoT_76842_177308(BRUXELLES2) En ce jour de la fête de la musique, ne faudrait-il pas veiller à adapter l’hymne européen, un peu vieillot à mon gout. Non pas changer l’air – qui si il n’est pas inscrit dans le marbre des Traités – a une vertu – symboliser l’âme européenne – mais trouver une version un peu plus entraînante, un peu chantante, un peu plus festive ?

Bien sûr, l’Hymne à la joie de Beethoven, tiré d’un poème de Friedrich Von Schiller, a l’avantage d’être sans paroles, de contourner la question épineuse de la langue, et de bien s’adapter aux cérémonies officielles, pesantes et compassées. Mais l’atmosphère wagnérienne qui marque cet air  — la symphonie était dédiée au Roi de Prusse —, la conception classique de la musique empêche l’enthousiasme populaire de s’épancher outre mesure.

Pourquoi alors ne pas s’appuyer sur ce fameux morceau de Arno, le chanteur d’Ostende (Belgique). Quand il était dans le groupe TC matics, il avait repris cet hymne à la joie de Beethoven, en le corsant de guitares échevelées, de paroles, sentencieuses : « Putain putain, c’est vachement bien, nous sommes quand même, tous des Européens » (chanson reprise aussi par le suisse Stephan Eicher).

Ce n’est pas vraiment sorcier à traduire dans les 23 langues. Et celui qui n’a jamais vu vacillé une salle, pleine à craquer de jeunes et de moins jeunes, tapant sur du pied sur les notes de Beethoven et hurlant à faire trembler les vitres, doit se rendre immédiatement à un des prochains concerts d’Arno. Il comprendra alors que pour vibrer sur un air classique, c’est simple, il suffit de le rendre… plus rock.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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