La boue aux pieds, la compagnie « sécurité » d’EUFOR RCA presque formée

Guardia Civil et gendarmes français en briefing (crédit : ECPAD / Gendarmerie nationale)
Hommes de la Guardia Civil et Gendarmes français en briefing avant patrouille … la boue aux pieds (crédit : ECPAD / Gendarmerie nationale)

(BRUXELLES2) Le détachement de gendarmerie d’EUFOR Rca est presque totalement opérationnel. Les derniers éléments — les gendarmes militaires polonais — devraient quitter Varsovie vendredi (13 juin) pour rejoindre Bangui.

Une première dans une opération européenne

C’est une première dans une opération militaire européenne d’avoir un détachement entier de gendarmes, formés et dédiés à la pratique du maintien de l’ordre, de l’interpellation et de l’enquête (exception faite de la mission civile EULEX au Kosovo). Le détachement, commandé par le colonel Massiot (du groupement de de gendarmerie d’Orléans), comprendra alors deux pelotons français, issus de l’escadron 14/1 de gendarmerie mobile de Versailles-Satory, un peloton de la Guardia civil espagnole et le peloton de « Żandarmerii » militaire polonais, et une cellule de renseignement et d’investigation criminelle (composée notamment de gendarmes départementaux).

Cette force assurera « le contrôle de zone » dans les 3e et 5e arrondissements – zones dévolues à la force européenne, précise-t-on côté français. Elle appuiera les gendarmes centrafricains pour « le rétablissement de l’ordre ». Mais elle pourra aussi intervenir « en appui de la police technique judiciaire locale », notamment en matière de police scientifique et de conduite d’enquête (aide à la gestion des scènes de crime, prises d’empreintes, etc.).

Les militaires de la Guardia civil sont déjà sur place à Bangui, depuis le 28 mai. Le détachement espagnol – qui comprend 25 officiers de la Guardia civil – et également 50 hommes des forces spéciales (qui serviront de force d’extraction et d’intervention rapide à EUFOR RCA) est placé sous le commandement de l’amiral Teodoro López Calderón.

Pour les gendarmes français, il s’agit surtout d’un changement de képis. Les gendarmes avaient été déployés entre la fin mars – pour le premier élément « harpon » et la mi avril à Bangui, dans le cadre de la force Sangaris. Ils ont ainsi assuré « différentes missions de contrôle de zone et d’accompagnement des gendarmes centrafricains à Bangui et à Bria » précise-t-on à l’Etat-major des armées, ainsi qu’un « appui technique en police judiciaire auprès de la MISCA à Bouar ». Le transfert d’autorité s’est déroulé sur le camp de M’Poko, le 26 mai, sous l’autorité respective du général Soriano, commandant la force Sangaris et du général Lion, commandant de la force EUFOR. A noter qu’un des pelotons de gendarmerie française est commandé par une femme.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : Ils sont partis !

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).