Vers une mission européenne de la PSDC en Ukraine ?

Vers une mission européenne de la PSDC en Ukraine ?

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Carl Bildt et William Hague, deux initiateurs de la mission PSDC au conseil des ministres le 14 avril (crédit : Conseil de l'UE)

Carl Bildt et William Hague, deux initiateurs de la mission PSDC au conseil des ministres le 14 avril (crédit : Conseil de l’UE)

(BRUXELLES2) C’est un des points clés des conclusions des ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis aujourd’hui à Luxembourg. Les « 28 » se sont dit ainsi « prêts à aider l’Ukraine dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité intérieure (*), le soutien de la police et à l’Etat de droit ».

Le service diplomatique européen (SEAE) a donc été chargé, d’une part, de déployer sur le terrain « une mission d’experts pour préparer une assistance appropriée et complémentaire avec les autres efforts en cours », d’autre part de préparer ce qu’en jargon européen on appelle le « document cadre politique pour l’approche de crise » (PFCA) qui devra examiner « toutes les options, y compris le déploiement d’une éventuelle mission de la PSDC – la politique de sécurité et de défense commune ».

L’objectif est de décider sur une action de l’UE « lors d’une prochaine réunion ». A noter que la prochaine réunion est fixée dans un mois, le 12 mai. Mais il n’est pas interdit de penser qu’une réunion exceptionnelle des ministres pourrait intervenir avant, si les évènements se précipitent en Ukraine… Il sera alors peut-être trop tard pour une mission de la PSDC.

Cette mission répond à une demande pressante des Polonais, Suédois… et Britanniques qui avaient produit un non-paper soumis à leurs collègues (lire sur le Club : Une mission de la PSDC en Ukraine demandent trois pays). C’est assez rare pour le souligner. Mais Londres commence à trouver des vertus à la politique européenne de défense et de sécurité commune. Original !

(*) Le terme utilisé dans les conclusions (en anglais) est « civilian security » qui ne peut être traduit littéralement par « sécurité civile », ce qui a un autre sens, à notre avis, puisqu’il concerne surtout le secours et la sécurisation des biens et des personnes face à des catastrophes naturelles, technologiques et autres. Ce qui est sous-entendu ici vise plutôt l’assistance à la réforme de la sécurité non militaire, non liée à l’armée. Ce qui ressort donc de la sécurité intérieure, ce qui englobe police, forces de maintien de l’ordre, anti-terrorismes, forces spéciales, services de renseignement, gardes-frontières et douanes.