EUFOR Rca enlisée dans des questions logistiques

Logo EuforRCA(BRUXELLES2 – exclusif) Une nouvelle conférence de génération doit se tenir ce jeudi (13 mars) au Conseil de l’UE pour compléter le dispositif de l’opération militaire EUFOR RCA. C’est la quatrième. Les autres conférences de génération n’ont pas abouti. Et la conférence logistique tenue en Grèce n’a pas non plus à réussi à combler tous « les trous ». L’opération souffre encore de difficultés en matière de transport stratégique (Europe-Bangui) et de différentes fonctions logistiques assez concrètes sur place.

En particulier, on ne sait pas encore comment les 140 soldats géorgiens prêts à partir vont être acheminés sur place. Les différents partenaires consultés ont répondu par la négative ou n’ont pas donné suite. Les Etats-Unis, par exemple, ont été sollicités mais ont répondu qu’ils pouvaient aider les soldats de la MISCA ou de l’ONU mais pas ceux de l’UE… Par ailleurs, la crise ukrainienne aidant, certains pays ont déjà, ou réfléchissent à suspendre ou réduire leur offre de participation. Ce serait le cas notamment de la Roumanie ou de la Pologne. La Haute représentante Catherine Ashton a demandé, par courrier, aux différents Etats membres de faire un effort. Mais apparemment, elle n’a pas pris son téléphone – nécessaire dans ce cas – pour convaincre un par un les hésitants ou réticents.

Commentaire : une armée de papier ?

La génération de forces montre aujourd’hui toutes les faiblesses européennes. Que ce soit en matière d’engagement de personnel, financier et logistique, la réalité est crue. L’Union européenne est incapable d’aligner et, surtout, d’assurer le soutien de quelques centaines d’hommes disponibles pour 6 mois, dans le cadre d’une opération de maintien de la paix, sous mandat de l’ONU… Et encore ! Si on enlève l’effectif des pays tiers, celui fourni par la France (nation-cadre) et ceux présents à l’arrière, à l’Etat-Major, on arrive à environ 300 militaires, selon une dernière évaluation. C’est faible ! Surtout à comparer au chiffre total des armées qui alignent sur le papier, 1,5 million d’hommes. Alors que l’UE est engagé dans un bras de fer avec la Russie, cette incapacité à honorer ses engagements internationaux risque de ne pas passer inaperçue de nos voisins et partenaires. Ce n’est pas le moment…

(Nicolas Gros-Verheyde)

NB : pour l’opération européenne au Tchad RCA, c’est déjà … vers la Russie que tous les regards s’étaient tournés. En pleine guerre de Géorgie, fort discrètement, un accord avait ainsi été signé avec Moscou permettant l’arrivée d’hélicoptères russes à l’est du Tchad. Une arrivée bienvenue qui avait permis de « débloquer » la mission. Lire (pour mémoire) : Exclusif. L’accord Russe-UE pour les hélicoptères au Tchad et La Russie sera bien présente avec 4 hélicoptères au Tchad

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).