La France clôture son engagement au Kosovo. Et l’OTAN ?

(crédit / archives : DICOD / Ministère francais de la Défense, mai 2011)
(crédit / archives : DICOD / Ministère francais de la Défense, mai 2011)

(BRUXELLES2) La décision avait déjà été entérinée en décembre dernier, lors d’une conférence de génération de forces à l’OTAN. Samedi (8 février), sera franchi une nouvelle étape au Kosovo. Une cérémonie de clôture de l’engagement français dans cette ancienne province de Serbie aura lieu dans le camp de la Kfor. Les 320 soldats qui sont encore présents vont partir dans les semaines qui viennent – durant le 1er semestre 2014. Il s’agit de l’escadron d’éclairage, qui a une mission de contrôle de zone et de surveillance des frontières (au nord du Kosovo) et d’un personnel de soutien logistique (au camp de Novo Selo). Il restera sur place « quelques officiers à Pristina » dans l’État-Major. La France gardera une capacité de réaction rapide si l’État major en fait la demande, précise-t-on à l’Etat-Major des armées. La situation est aujourd’hui « stabilisée d’un point de vue militaire ». On est passé en quinze ans, d’une logique d’interposition et séparation des combattants de mission de type police.

Pour avoir une idée de la décrue des effectifs depuis le début de l’engagement français depuis 1999 et l’intervention de l’OTAN : il y avait environ 60.000 personnels engagés au titre de la KFOR en 1999 (dont 6000 Français), 13.000 militaires en 2009 (760 Français). 31 janvier 2010 201 : environ 10.000 personnels de la KFOR au 31 janvier 2010 (dont 749 Français) ; 5800 militaires de la KFOR au 1er mars 2011 (dont 320 Français).

NB : le passage à la phase 3 du désengagement de l’OTAN va rapidement se poser pour la KFOR dont le nombre de personnels reste encore important par rapport aux réels enjeux militaires et à la taille du pays. Mais nombre de pays européens « aiment » bien ce genre de missions, sans grand risque, où les camps sont « bien installés », avec un certain « confort », comme à la maison en fait ! De l’Opération extérieure (OPEX) sans grand risque. Une sorte de grand terrain de manoeuvre en fait…

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).