Bye bye Ianoukovitch ! (Maj4)

Le meeting de Kharkov où Ianoukovitch est attendu. Symboles anciens et personnes sagement assis sur les gradins (crédit : Euromaidan)
Le meeting de Kharkov où Ianoukovitch est attendu. Symboles anciens et personnes sagement assis sur les gradins (crédit : Euromaidan)

(BRUXELLES2) Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a démissionné annonce l’agence de presse privée interfax citant une déclaration d’un député ukrainien, Ivan Kyrylenko membre du parti de l’opposante Timochenko.

Le président à Kharkov

Impossible de vérifier dans l’immédiat. Mais il y a déjà une démission virtuelle : le site web du président était inactif samedi à 14h. Le président a quitté (fui disent ses opposants) la capitale au petit matin. Et il était attendu à Karkhov, où il compte de chauds partisans, pour y prononcer un discours.

La Rada prend la révolution en marche

Depuis hier soir, et l’annonce d’un accord entre le gouvernement et l’opposition, les évènements se précipitent en Ukraine. Après la rue, le Parlement (Rada) a pris le relais samedi. Un nouveau président du Parlement, proche de l’ancienne présidente Timochenko, Oleksandr Turchynov a été élu à la tête du Parlement ukrainien ; il exercera sans plus attendre les fonctions de « coordination de l’activité gouvernementale ». C’est, de fait, un Premier ministre par intérim. Un nouveau ministre de l’Intérieur a été nommé : également un proche de Timochenko, ‪Arsen Avakov‬, originaire de Kharkov (portrait à suivre sur le Club). Et le principe de la libération de l’opposante a été acté. A suivre. La révolution ukrainienne continue…

(Maj) Pour Ianoukovitch, un coup d’Etat

A 15h, le site était rétabli. Et un conseiller de la présidence Hanna Harmer, déclare à Interfax que le président n’a pas démissionné. Dans une interview télévisée, le président Ianoukovitch confirme « je n’ai pas l’intention de donner ma démission ». Il dénonce les pressions et intimidations, y compris physiques, dont seraient victimes les députés de son parti, le parti des régions, notamment le leader du groupe V. Rybak. Enfin il considère les avancées décrites par l’opposition comme d’un « coup d’Etat ». regardez l’entretien Tv sur Youtube 

Ultimatum européen

« Il n’y a pas de coup d’Etat a Kiev » lui a répondu le Ministre polonais des Affaires étrangères, Radek Sikorski. « Les batiments gouvernementaux ont été abandonnés. Le président de la Rada (Parlement) a été élu légalement. Le président Viktor Ianoukovitch a encore 24 heures pour signer l’application de la Constitution de 2004 » comme le prévoit l’accord signé, vendredi (21 février), entre les deux parties ukrainiennes, sous l’égide de la troika européenne (qui prévoyait un délai de 48 heures après la signature). Lire (Club) : L’accord en six points de Kiev (le texte) Radek Sikorski s’affirme ainsi comme le nouveau homme fort de la diplomatie européenne.

 Ianoukovitch viré !

Vers 16h30 (17h30 locales), le parlement ukrainien a voté à une majorité écrasante (328 voix contre 0) la destitution du président Ianoukovitch (procédure d’impeachment) et l’organisation d’élections présidentielles anticipées le 25 mai (date qui est aussi celle des élections au Parlement européen). Dans le même temps, on apprenait la libération effective de l’opposante Youlia Timochenko. Selon le quotidien en langue anglaise, le KievPost, le nouveau président du Parlement a confirmé que Ianoukovitch avait d’abord annoncé sa démission, puis après consultation avec ses conseillers, s’était rétracté et revenu sur sa décision. « Il a quitté ses fonctions et sa localisation est inconnue » a précisé le nouveau président du parlement ukrainien.

Timochenko libérée

(crédit : Espresso Tv)
(crédit : Espresso Tv)

L’ordre de libération de l’opposante Ioulia Timochenko est exécuté rapidement. Et Timochenko arrive en chaise roulante sur la place Maïdan. En chaise roulante, mais énergique. Elle appelle à des sanctions contre ceux qui ont commis des actes sanglants et à « punir Ianoukovitch ». « Vous êtes en train de reconstruire l’Ukraine, grâce à vous », dit-elle. Elle appelle cependant à la réconciliation expliquant avoir parlé aux gens de Kharkov, des gens qui ont peur. « L’Ukraine est un corps blessé. Elle saigne. Il faut cicatriser les blessures. (…) Restez unis. Ne soyez pas divisés. » « Nous pouvons construire l’Ukraine dont nous rêvons tous (…) Vous êtes la seule garantie que l’Ukraine puisse aller de l’avant ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

(Mis à jour : 15h – 16h – 16h50 – 20h40)

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).