Les pirates remis aux Seychelles

Mise au point des derniers détails à bord du Siroco (crédit : marine française / DICOD)

Mise au point des derniers détails à bord du Siroco (crédit : marine française / DICOD)

(BRUXELLES2) Les cinq suspects arrêtés par le TCD Siroco le 18 janvier dans le Golfe d’Aden ont été remis aux Seychelles pour y être jugés (lire : Arrestation des 5 pirates dans le Golfe d’Aden).

Un officier de la police judiciaire des Seychelles s’est ainsi « rendu à bord » du TCD qui sert aussi de navire-amiral pour l’opération EUNAVFOR Atalanta « pour procéder aux formalités administratives » indique-t-on à l’Etat-Major des armées françaises et récupérer « l’ « evidence package », constitué des pièces à conviction, des témoignages et des procès-verbaux recueillis » par les militaires français. Il était accompagné d’un expert juridique (LEGAD) de l’Etat-major d’Atalanta. « Au pied de la coupée, l’officier de liaison de l’opération Atalanta présent aux Seychelles et des officiers de police judiciaires seychellois ont pris le relais des marins du Siroco pour le transfert des présumés pirates vers leurs unité de rétention locale ».

Commentaire : ce n’est pas la première fois effectivement que des suspects sont remis aux autorités des Seychelles. Mais c’est la première fois que l’archipel accepte de prendre en charge des pirates qui ont commis leurs forfaits aussi loin de la zone de l’archipel. L’évènement s’étant déroulé à proximité des côtes d’Oman plutôt que dans la partie sud de l’Océan indien. Cela témoigne d’une volonté du gouvernement de Port-Victoria d’être l’instance de juridiction des pirates au plan régional. Compétence que ne dispute aucun Etat de la région (notamment le Kenya qui a renoncé à prendre en charge les suspects remis par les forces internationales). Cela atteste aussi que le dispositif en deux temps, mis au point au niveau international, et soutenu (financièrement et opérationnellement) par les Européens, fonctionne. C’est-à-dire : 1° Remise des pirates et jugement aux Seychelles, avec détention provisoire le temps du jugement définitif. 2° Transfert dans une prison mise aux normes internationales en Somalie (Somaliland ou Puntland, pour l’instant) pour accomplir le reste de la peine.

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