La mission EUFOR RCA restera centrée sur Bangui. La France Nation-Cadre (MAJ)

(BRUXELLES2 – exclusif) Une nouvelle réunion du comité militaire de l’UE devrait se tenir aujourd’hui (ou demain) pour affiner le format de l’opération européenne en République centrafricaine. EUFOR RCA Bangui sera une « petite » opération dans sa taille (environ 600 hommes) et dans sa durée (environ 6 mois). L’objectif étant de faire le « pont » (bridging operation) avant la montée en puissance de la force africaine (MISCA) et l’éventuelle opération des Nations-Unies en RCA. Elle devrait se déployer sur le terrain assez rapidement, au printemps, soit avant, soit de façon simultanée à la relève de l’opération Sangaris (qui doit avoir lieu en avril).

Une mission sur l’aéroport

Lors de leur réunion, hier (mercredi 15 janvier), les 28 ambassadeurs du COPS – le Comité politique et de sécurité – ont, en effet, choisi définitivement une option : celle autour de l’aéroport de Bangui (la seconde option était de sécuriser une zone à l’ouest du Centrafrique vers le Cameroun). L’objectif de l’opération sera triple : 1) contribuer à la sécurisation de l’aéroport, 2) contribuer à la fourniture de l’aide humanitaire, 3) apporter un soutien technique à l’Etat-Major de la Misca qui manque de certains éléments — comme le C2 (Commandement et contrôle) ou les télécommunications satellites.

Une demi-douzaine d’Etats participants selon B2

Aucun pays n’a aujourd’hui formellement indiqué qu’il participerait à l’opération EUFOR RCA Bangui. Mais B2 a effectué un premier tour d’horizon des différentes participations possibles, potentielles ou non. En l’état, un premier relevé donne une demi-douzaine d’Etats (potentiellement) participants à la mission. On ne peut pas dire qu’on se bouscule au portillon. La France a ainsi proposé d’être la nation-cadre de l’opération en fournissant le FHQ (quartier-général de force) voire si nécessaire l’OHQ (quartier général de l’opération) du Mont-Valérien (qui avait déjà servi pour l’opération EUFOR Tchad). Paris devrait ainsi logiquement fournir une contribution importante en personnel et une bonne partie de l’Etat-Major. Une partie de la relève de l’opération Sangaris passerait alors sous mandat européen. A noter que la Grèce – qui assure en ce moment le commandement du « battlegroup » d’astreinte – a aussi proposé de mettre à disposition son quartier général de Larissa.

La Belgique pourrait fournir une compagnie de parachutistes. La Pologne et la république Tchèque étudient une participation qui pourrait être commune. L’Estonie devrait officialiser rapidement sa participation, une participation modeste mais qui révèle un engagement régulier de ce pays balte dans les opérations militaires de l’UE (*).

Les autres pays

L’Allemagne en l’état actuel ne participerait pas à la mission avec des troupes au sol mais prêtera une assistance logistique, notamment aérienne. Plusieurs autres pays (comme la Suède, l’Espagne) ont indiqué réfléchir à une participation. D’autres (Luxembourg, Autriche, Italie, Finlande) n’ont pas prévu de contribution mais ne l’excluent pas. En l’état, certains pays (Pays-Bas, Bulgarie) ne comptent pas vraiment participer à l’opération.

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(*) un commando estonien participe à l’opération EUnavfor Atalanta et un détachement a été envoyé dans la mission EUTM Mali