La Pologne passe à l’action. Et des avions de plus pour Sangaris (Maj)

Un des avions de transport polonais lors de l'exercice Rybołów 2011 (crédit : armée polonaise)
Un des avions de transport polonais lors de l’exercice Rybołów 2011 (crédit : armée polonaise)

(BRUXELLES2) Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, l’a confirmé aujourd’hui (17 décembre) à Varsovie, lors de sa dernière conférence de presse avant la pause de Noël, la Pologne va venir au soutien de l’opération française en Centrafrique. (ainsi que B2 l’avait annoncé, lire : Centrafrique. Les Européens arrivent, un peu… ).

1 voire 3 avions de transport

La Pologne contribuera, en effet, à l’opération Sangaris avec un avion de transport et leur équipage ainsi qu’un groupe de soutien. Le type d’avion n’a pas été précisé. Mais, selon nos informations il devrait s’agir d’un C-130 Hercules —  Appareil qui est récemment entré dans la flotte polonaise (qui dispose de six appareils). Le détachement polonais pourrait compter au moins une cinquantaine d’hommes (pilotes et soutien). (Maj) La décision doit, encore, être approuvée par le conseil des Ministres. Ce qui devrait être fait dans la première semaine de janvier. L’avion sera mis à disposition à compter du 1er février pour trois mois. La Pologne pourrait aussi renforcer son aide avec des avions plus légers de type Casa C-295 pour faire des déplacements intra-théâtres.

Troupes au sol : plus tard

Quant à la demande française d’avoir des troupes au sol – l’envoi de forces spéciales type Grom -, le Premier ministre n’a pas dit “non” de façon définitive. Mais il n’entend « pas impliquer de troupes de combat » sur d’autres théâtres «au moins jusqu’à la fin de la mission en Afghanistan ». Du côté polonais, on estime que cet engagement terrestre nécessiterait une autorisation plus explicite des Nations-Unies. L’actuelle résolution ne prévoit, en effet, explicitement une autorisation de recours à la force que pour les forces africaines de la MISCA et pour la France (art. 28 et 50 de la résolution 2127). La transformation de la MISCA en force de maintien de la paix, comme envisagé début décembre, pourrait être une solution.

Une coopération avec la France : oui, mais sur une base réciproque

Plus généralement, Donald Tusk a annoncé vouloir « une coopération plus étroite avec la France dans le domaine de la défense ». Cette coopération est primordiale a-t-il ajouté pour préparer un « système plus moderne et efficace de la défense ». Mais cette coopération doit se faire sur une base plus égalitaire. L a Pologne veut coopérer avec la France « sur une base réciproque » a-t-il précisé.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).