4 soldats Us blessés lors d’une évacuation au Sud Soudan (MAJ2)

Embarquement de forces spéciales américai(U.S. Air Force photo by Tech. Sgt. Chad Thompson
Embarquement de militaires américains des forces spéciales basées à Djibouti pour le Sud Soudan (U.S. Air Force photo by Tech. Sgt. Chad Thompson)

(BRUXELLES2) Quatre soldats américains ont été blessés lors d’une « opération d’évacuation de citoyens américains » de la ville de Bor au Sud Soudan, a annoncé dans la journée le QG d’Africom à Stuttgart (commandement des forces américaines en Afrique). Alors que les trois CV-22 Ospreys étaient en approche de la ville, ils ont été « pris sous le feu d’armes légères provenant de forces inconnues ».

Tirs contre les hélicoptères américains

Ceux-ci ne semblaient pas tirer en l’air mais visaient bel et bien les appareils. Les trois Ospreys ont, en effet, été « atteints ». Et 4 militaires des forces spéciales qui se trouvaient à bord des appareils ont été blessés apparemment assez sérieusement. Les appareils endommagés ont été immédiatement « déroutés sur Entebbe en Angola puis les blessés transférés à bord d’un C-17 de l’U.S. Air Force qui les a transportés pour être hospitalisés au Kenya ». Tous quatre sont « en condition stable » précise le communiqué. Jeudi (19 décembre), un camp de l’ONU abritant des civils avait été attaqué à Akobo (Jonglei) provoquant la mort de trois casques bleus indiens de la MINUSS (ou UNMISS).

Mission africaine de bons offices

Ces  violences sont condamnées par la communauté internationale. John Kerry, le secrétaire d’Etat US, a appelé par téléphone, dans la nuit de vendredi à samedi le président du Sud Soudan pour l’engager sur la voie de la réconciliation et protéger les civils (lire le communiqué). L’Union européenne a peu réagi pour l’instant, si ce n’est pas un communiqué de la délégation locale demandant aux deux parties de s’engager dans un dialogue en accueillant la mission de bons offices de l’Union africaine et de l’IGAD (l’organisation régionale pour l’est de l’Afrique) et au président en exercice « de libérer – à titre de geste de bonne volonté – les politiciens arrêtés qui n’ont pas été impliqués dans les combats » (télécharger ici le communiqué). Le poste de représentant spécial de l’UE pour le Soudan et le Sud Soudan a été supprimé. Et la mission PSDC sur l’aéroport de Juba ferme ses portes.

Vaste offensive

Les forces gouvernementales fidèles au président Salva Kiir ont, en effet, entrepris une vaste contre-offensive contre les « rebelles » de l’ex-vice-président Machar (auteur d’un coup d’Etat). Et civils comme ressortissants étrangers sont pris entre deux feux dans plusieurs régions, cherchant à se réfugier dans les enceintes internationales. Le Sud Soudan dont l’indépendance avait été soutenue par la communauté internationale – et principalement Etats-Unis et Europe – échappe à ses commensaux et retombe dans le travers qui l’a marqué depuis des années : l’affrontement, les violences et les massacres. Dans une région qui ne manque pas d’instabilité – le Centrafrique est tout proche – c’est plus qu’inquiétant.

380 « officiels » et citoyens américains et environ 300 citoyens

(MAJ) Un porte-parole du Département d’Etat a annoncé, dimanche (22 décembre) qu’une seconde opération d’évacuation des ressortissants – américains et étrangers – coincés à Bor avait réussi le matin. Des hélicoptères de l’ONU et américains (civils) ont permis de rapatrier les ressortissants de Bor  à Juba. « Les USA – et les Nations-Unies qui sont chargées de sécuriser l’aéroport de Bor – ont pris les mesures pour s’assurer que les différents combattants soient bien au courant que ces vols avaient une mission humanitaire ». Apparemment la première intervention était un peu trop musclée et militaire. Selon un dernier bilan, « 380 « officiels » et citoyens américains ont ainsi été évacués tout comme environ 300 citoyens d’autres pays vers Nairobi à bord de 4 vols affrétés par le Département d’Etat et 5 appareils militaires » précise Jen Psaki du Département d’Etat. « D’autres citoyens US ont pu quitté le pays par d’autres voies ». Mais il reste encore des citoyens coincés dans certaines parties du pays. « Nous travaillons avec nos alliés pour entrer en contact et évacuer les citoyens US aussi vite et en aussi bonne sécurité que possible » assure-t-il, ajoutant. « Pour leur sécurité, nous ne communiquons pas les plans spécifiques d’évacuation qui seront pris ». Forces spéciales en route…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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