Le Drian au Mali pour le réveillon. Une visite pleine de sens…

Le Drian au Mali pour le réveillon. Une visite pleine de sens…

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Base de Gao (crédit : ministère français de la défense / DICOD)

Base de Gao (crédit : ministère français de la défense / DICOD)

(BRUXELLES2) Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se déplace ce soir au Mali pour une visite qui va durer plusieurs jours et a plusieurs objectifs.

Premièrement, il s’agit de rendre hommage aux troupes présentes sur place. JY Le Drian passera la nouvelle année à Gao. Au plus fort de l’opération, ce sont 4500 militaires français qui ont été engagés, 7 sont morts en opération (*) et une vingtaine ont été blessés. Deuxièmement, il s’agit de célébrer le premier anniversaire de l’opération Serval dans le pays. Déclenchée le 11 janvier 2013  (voir ci-dessous). Troisièmement, le ministre devrait annoncer un repositionnement français dans le pays comme dans toute la région (lire sur le Club).  Enfin, et ce n’est pas l’aspect le plus négligeable, il s’agit de célébrer la première mission « opérationnelle » du nouvel avion de transport européen, l’Airbus A400M, qui vient d’entrer dans l’armée de l’air française très récemment (lire : L’A400M en service).

Première mission opérationnelle pour l’A400M

L’Airbus A400M « MSN7 », rebaptisé, « ville d’Orléans » en honneur à sa ville marraine, va en effet effectuer sa première mission opérationnelle en acheminant, au départ de la base aérienne 123 d’Orléans, du matériel jusqu’à Bamako. Durée du vol : 7 heures. Charge transportée : 22 tonnes. Pour effectuer le même chargement, il faudrait 3 C-130 Hercules (9 tonnes par avion) et presque 10 heures de trajet (9h30). Puis il aura une mission moins lourde en poids mais tout aussi symbolique politiquement, puisqu’il prendra en charge le Ministre et la délégation officielle (dont des journalistes) pour effectuer un vol tactique de Bamako à Gao.

    Arrivée de l'A400M à proximité de l'aéroport de Bamako au Mali (crédit : armée de l'air)

Arrivée de l’A400M à proximité de l’aéroport de Bamako au Mali (crédit : armée de l’air)

220 tonnes de munitions saisies

Pour le ministre, les opérations menées conjointement avec les forces armées maliennes ou en coordination avec les forces africaines de la MISMA, puis de la MINUSMA, ont « permis de neutraliser plusieurs centaines de terroristes et d’affaiblir leur potentiel logistique ». Le bilan dressé par le DICOD se veut impressionnant : environ 160 bâtiments et dépôts logistiques et 120 véhicules appartenant aux groupes terroristes ont été détruits. 220 tonnes de munitions ont été saisies (dont 30 tonnes ont été reversées aux forces armées maliennes). Dans le détail, cela donne : 1300 grenades, 1000 roquettes, 7700 obus, 500 mortiers, 200 mines et engins explosifs improvisés, 20 bombes. Sans oublier 12 tonnes de nitrate d’ammonium, utilisé normalement comme engrais azoté mais pouvant servir surtout d’explosif. Ont également été saisis quelques armes : 100 fusils, 150 mitrailleuses, 30 roquettes, 20 mortiers, 20 canons et 3 missiles SA7. Le bilan « humain » n’est pas détaillé. Mais certaines sources mentionnent plusieurs centaines de « rebelles » tués (au moins un demi-millier).

30% des missions aériennes assurées par les alliés

Pour mener à bien cette opération, c’est un véritable gymkhana logistique qui a été nécessaire que ce soit par voie maritime (9 170 tonnes et 500 personnes acheminées), terrestre (plus de 3 millions de kilomètres parcourus par les logisticiens)  ou par voie aérienne stratégique (18.500 tonnes acheminées et 480 rotations) ou par mouvements tactiques, intra-théâtres (3 500 tonnes de fret, 15 600 personnes transportées). Ce sont ainsi « plus de 1 600 missions, dont 30% ont été réalisées par les alliés (Belges, Allemands, Britanniques, Danois…). Pour cela il a fallu siphonner un ou deux tankers avec plus de 17 millions de litres de carburant aéronautique et 3 millions de litres de carburant terrestre consommés.

Colis pour les soldats

Les ministres en ont profité pour distribuer aux militaires français engagés sur le théâtre d’opération au Mali un panier garni de fête « made in France » aux soldats présents pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Le ministre délégué à l’Agrialimentaire, Guillaume GAROT, a fait le déplacement pour l’occasion. A l’intérieur, des bocaux de foie gras fournis par le Comité interprofessionnel du foie gras (CIFOG), des toasts pour foie gras et des gaufres de chez Jacquet-Brossard (Groupe Limagrain), des confitures et pâtes de fruit d’Andros (Pierrot Gourmand et Bonne Maman),  des jus de fruit et sodas d’UNIJUS (Pepsico et Pampryl), du vin rouge de chez Castel… Au passage, on apprend qu’il y a 3000 colis qui ont été préparés, soit un peu plus que les 2500 soldats officiellement présents.

  • (*) Citons-les : le chef de bataillon Damien Boiteux (4e RHFS régiment d’hélicoptères des forces spéciales, le 11 janvier 2013), l’Adjudant Harold Vormezeele (2e REP régiment étranger de parachutistes, le 19 février 2013), le caporal-chef Cédric Charenton (1er RCP régiment de chasseurs parachutistes, le 2 mars 2013), le maréchal des logis Wilfried Pingaud (68e régiment d’artillerie d’Afrique, le 6 mars 2013), le caporal-chef Alexandre Van Doren (1er RIMa régiment d’infanterie de marine, le 16 mars 2013), le sergent Stéphane Duval (1er RPIMa régiment de parachutistes d’infanterie de marine, le 29 avril 2013), le maréchal des logis Marc Martin-Vallet (515e RT régiment du train, le 30 juillet 2013).