EATC : un modèle à suivre

La salle de régulation de EATC à Eindhoven

La salle de régulation de EATC à Eindhoven

(BRUXELLES2) Le commandement européen du transport aérien (EATC), situé à Eindhoven, est relativement méconnu. Et c’est dommage ! Car c’est une réussite de la mise en commun, en douceur…

Les ’28’ ne s’y sont pas trompés cependant, en indiquant dans leurs conclusions du sommet européen, qu’il importait de prendre exemple sur le modèle « EATC » pour développer d’autres coopérations dans différents domaines (hélicoptères, soutien médical, maritime…). Cinq pays participent déjà à EATC — Allemagne, France et les trois pays du Benelux — l’Espagne doit intégrer EATC cet été, l’Italie est en pourparlers (sans doute pour 2015) et la Pologne observe avec attention ce développement, tout comme le Royaume-Uni (avec un peu plus de circonspection).

Intégration et souplesse d’emploi

Ici, pas de projet pilote, ou de théorie, sans moyens. L’objectif est d’intégrer la flotte aérienne des pays participants pour maximiser l’effet de masse, tout en laissant à chaque pays sa souveraineté d’emploi des moyens par ailleurs s’il en a besoin.  La souplesse d’emploi reste d’ailleurs l’alpha et l’oméga de ce commandement. Chaque nation peut ainsi, du jour au lendemain, décider qu’elle a besoin d’un avion pour des besoins nationaux. « Ils n’ont pas à justifier la raison. Juste nous indiquer la durée, pour que nous puissions prévoir » explique l’officier chargé des opérations à EATC. « C’est une des raisons du succès de l’EATC – précise le général Valentin – cette possibilité de processus réversible. » Le principe est que les nations mettent ce qu’elles veulent quand elles veulent.

Pas d’avions mais une salle de régulation

La discrétion règne. Il n’y a pas d’avions siglés EATC, en tant que tels (même les avions néerlandais présents sur le tarmac de l’aéroport militaire, situé à proximité, se font discrets). Mais c’est de Eindhoven d’où partent les ordres. « Les équipages reçoivent leurs ordres de nous, d’aller à tel endroit ou de prendre tel matériel ou tel personnel.» « C’est un changement » explique le directeur des opérations. « Et s’ils ont le moindre problème, ils s’adressent à nous. »  EATC n’est pas responsable directement des personnels au niveau de la discipline – ils restent dans la chaine de commandement national – ou pour la responsabilité et l’enquête en cas d’accident. C’est ce qu’on appelle a le OpCon (contrôle des opérations). Cela parait peu. Mais c’est « déjà une révolution ».

Au bilan : 15% de productivité en plus

Au bilan de l’année dernière (2012), 7682 missions ont été effectuées. Un chiffre stable par rapport à 2011. Mais avec, en moyenne, 15% d’avions en moins, car ils ont été décommissionnés. Ce qui représente, tout simplement, une amélioration de 15% de la productivité ! Coté passagers, 345.000 passagers ont été transportés en 2012 (contre 305.000 en 2011).

Participation aux missions

La participation aux missions militaires devient ainsi beaucoup plus facile (et discret). Lors de l’opération « Unified protector« , en Libye, ainsi « toutes les nations EATC ont participé au soutien de la mission, même s’ils ne participaient pas à la mission directement. » 347 missions ont ainsi été coordonnées à Eindhoven. Outre les 249 missions de la France et les 56 des Belges, on peut remarquer que 29 missions ont été assurées par les Allemands et 13 par les Néerlandais. En tout, 12.400 passagers, 3500 tonnes de cargo, 3846 heures de vols.

Autre exemple pour les missions Serval et Afisma au Mali, 207 missions ont été assurées, 33.272 passagers transportés ainsi que 2410 tonnes de fret vers Dakar, Bamako Abidjan, N’Djamena. « A la différence de l’opération Unified protector, il y avait des longues distances à parcourir. » Et cela a été fait, et rendu possible, « souvent avec des moyens contractés ».

Lire aussi :

Le Dossier fait mai 2011 reste toujours valable : ici

Comments are closed.