Rasmussen bien présent demain. Une bonne habitude ?

A.F. Rasmussen avec la Baroness Ashton à Vilnius lors de la réunion informelle des ministres de la Défense (crédit : OTAN)
A.F. Rasmussen avec la Baroness Ashton à Vilnius lors de la réunion informelle des ministres de la Défense (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, sera bien présent à la réunion des ministres de la Défense de l’Union européenne, ce mardi. Au cas où certains l’auraient oublié, un message est venu le rappeler.

Non seulement le secrétaire général de l’OTAN sera là – ce qui est assez régulier désormais -, mais il fera quelques déclarations à son arrivée, voire sera à disposition des journalistes. La Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité (rappelons son titre entier 😉 a déjà organisé une conférence de presse à l’issue de la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ce lundi soir. Une conférence, courte comme d’habitude : 13 minutes tout compris ! qui marquera certainement tous les esprits pour l’éternité 😉 Cette conférence ne comprenait pas les aspects de politique européenne de sécurité et défense commune (PSDC). Et pour cause : ce sujet sera normalement abordé ce mardi (19 novembre) même si les Ministres des Affaires étrangères et de la Défense ont entamé le débat la veille.

Lady Ashton qui devrait présider la réunion des ministres de la Défense ne fera ainsi pas de conférence de presse (*). Elle doit être à Genève pour préparer les discussions sur le nucléaire iranien, nous a précisé son porte-parole. Motif tout à fait louable mais qui ne compense pas son absence. Celle-ci sera remplacée par le secrétaire général adjoint du SEAE et le président du comité militaire de l’UE. Sans renier la compétence et l’intelligence de ces deux personnes, on n’est pas au niveau de « responsabilité politique » attendue lors d’une réunion ministérielle.

Commentaire : cette présence peut être jugée logique dans la perspective d’un rapprochement entre les deux organisations UE et OTAN. Sa régularité suscite quand même quelques doutes.

1° Ceux qui affirment que cela peut permettre de renforcer le partenariat entre les deux organisations oublient la réalité. Ce qui bloque actuellement est tout simplement une question politique au plus haut niveau : l’occupation d’une partie du territoire d’un membre de l’Union européenne (Chypre) par un membre de l’OTAN (Turquie). Une occupation condamnée par toutes les instances internationales mais qui, apparemment, ne préoccupe pas vraiment l’Union européenne. Tant que cette question ne sera pas réglée, le rapprochement OTAN-UE reste une lubie.

2° Il ne faut pas nier que cela peut semer la confusion entre deux organisations qui ont des fondamentaux et des objectifs différents. De nombreux membres de l’UE étant membres de l’OTAN également, la tendance naturelle va être de considérer que la sécurité externe est du ressort de la seconde organisation tandis que la première se concentre sur des questions plus civiles et plus économiques. C’est d’ailleurs le message subliminal de cette présence. Qu’il y ait des relations au plus haut niveau entre les dirigeants des deux organisations, une harmonisation des travaux de l’un et de l’autre effectivement. Mais que, systématiquement, les réunions de l’une ne se déroulent pas sans la présence de l’autre, est plus qu’embêtant.

(*) même si à titre personnel, je préfère le style de A.F. Rasmussen – précis et compréhensible – à celui de C. Ashton.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).