Attention frontière ! La Géorgie gagne l’Europe, l’Ossétie s’en détache

Attention frontière ! La Géorgie gagne l’Europe, l’Ossétie s’en détache

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Panneau d'avertissement au milieu des champs cultivés entre la Géorgie et l'Ossétie du sud (Crédit UEMM Georgia)

Attention ! State border. Passage is forbidden Un panneau très clair au milieu des champs cultivés entre la Géorgie et l’Ossétie du sud (Crédit EUMM Georgia)

(BRUXELLES2) La « limite administrative » entre l’Ossétie du Sud et la Géorgie commence à devenir une frontière… Alors qu’à Vilnius, au sommet du Partenariat oriental, la Géorgie célébrait le paraphe de son accord d’association avec l’Union européenne, la mission d’observation de l’Union européenne (EUMM Georgia), présente sur le terrain donnait l’alerte. L’installation de barbelés entre l’Ossétie du Sud et la Géorgie a « repris » de plus belle, affirme-t-elle dans un communiqué publié ce vendredi (29 novembre).

Reprise des installations après une pause

Depuis mi-octobre, ces installations avaient pourtant cessé, ainsi que l’avait confié à B2 un diplomate européen (Sur le Club: 25e réunion de Genève. La détente entre Russes et Géorgiens ?) Mais une patrouille de la mission, envoyée dans la région de Dirbi-Ghogheti, a révélé le pot-aux-roses en observant « l’installation de poteaux métalliques rouges le long d’une bande de terre d’environ 160 mètres, dont 35 mètres de fils de fer barbelés ».

Attention ! frontière d’Etat

Comme on peut le voir sur la photo prise par les observateurs européens, le panneau est éloquent, mentionnant en anglais et en géorgien : « Attention ! State border. Passage is forbidden« . Le message est clair ! Et il n’est pas isolé. Les observateurs remarquent, en effet, « l’intensification (…) de panneaux de signalisation d’avertissement disant aux gens de ne pas passer (…) notamment au milieu des champs cultivés ».

L’hiver approche

A l’approche de l’hiver,  le nouveau patron de EUMM, Toivo Klaar a appelé « toutes les parties à prendre en compte l’impact potentiel sur les moyens de subsistance et les ressources des personnes et sur leur capacité à subvenir à leurs besoins pendant cette période difficile de l’année ». Il a également réaffirmé le rôle de la mission : « EUMM continuera de patrouiller dans la région et de faciliter l’échange d’informations entre les parties de façon directe, afin de prévenir et de réduire les tensions potentielles dans la région. » La mission a également « activé le mécanisme de prévention des incidents et d’intervention» et « appelé toutes les parties à échanger des informations sur ces derniers développements ».

Commentaire : les incidents ou la montée de tension sont un « classique » à l’approche ou durant certains évènements politiques. Mais, ici, on sent bien que le contexte politique a évolué. On assiste à une nouvelle étape de la crise géorgienne qui ne va pas dans le bon sens. L’existence de deux territoires non contrôlés par le gouvernement géorgien (Abkhazie et Ossétie du Sud) pose un réel problème à Tbilissi comme à Bruxelles. Il faut choisir : l’Europe ou ces territoires ? Au lendemain de Vilnius, et l’initialisation d’un accord d’association avec la Géorgie, on peut dire que le choix est clairement fait. Bruxelles et Tbilissi ont tranché. C’est l’Europe ! Tbilissi renonce ainsi, à des territoires qui marquent physiquement leur indépendance. Un signe de ce changement imperceptible est la modification de l’appellation du ministère géorgien de la « Réintégration » qui devient le ministère de la Réconciliation et de l’Egalité civique. Et, au niveau européen, même si on ne le souhaite pas, on entérine cette différenciation. Se retrouver demain avec un « no mans land », dont les citoyens sont « formellement » géorgiens, mais qui ne sont pas contrôlés par Tbilissi poserait un réel problème. L’Ossétie du sud a ainsi reçu son « visa » pour l’indépendance… ou le rattachement à la Russie… si Moscou le souhaite vraiment. (NGV)

Panneau d'avertissement au milieu des champs cultivés entre la Géorgie et l'Ossétie du sud (Crédit UEMM Georgia)

La clôture au milieu des champs cultivés entre la Géorgie et l’Ossétie du sud (Crédit : EUMM Georgia)

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