État d’urgence à Tripoli. Discussions à Bruxelles. Préparation à Washington

État d’urgence à Tripoli. Discussions à Bruxelles. Préparation à Washington

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Les habitants de Tripoli demandent le départ des milices venues soutenir la libération de Tripoli du régime de Mouammar Kadhafi en août 2011. Profitant du vide sécuritaire, elles n’ont pas quitté la capitale. (Crédit : lematin.dz)

(BRUXELLES2) Les ministres des Affaires étrangères vont se pencher, ce lundi, sur la situation en Libye. Un sujet mis à l’agenda il y a déjà plusieurs semaines mais qui prend aujourd’hui une lumière accrue avec la recrudescence des violences à Tripoli notamment.

Etat d’urgence et affrontements sanglants

La proclamation de l’Etat d’urgence dans la capitale libyenne après des affrontements entre la population et les milices qui ont fait au moins 43 morts et 450 blessés ce week-end montre combien la sécurité devient une gageure. Le gouvernement ne disposant pas d’une armée ni d’une police suffisamment structurées, la sécurité du pays (tant de sa capitale que de ses frontières) est déléguée à des milices dont personne n’a le contrôle.

Une insécurité latente

Ce phénomène n’est pas récent. L’escalade de violence se fait depuis plusieurs mois comme l’a rappelé récemment dans le Club de B2, l’eurodéputée portugaise Ana Gomes qui revenait d’un voyage sur place (lire : Sécuriser le capharnaum libyen : une urgence mais pas une sinécure). Les violences n’ont d’ailleurs pas épargné dans les derniers mois les diplomates. Plusieurs représentations diplomatiques de pays européens ont ainsi été la cible de violences depuis l’été (attentat à la voiture piégée contre le consulat suédo-finlandais, menaces de mort contre le consul maltais…). Et certains ont quitté le pays par mesure de sécurité.

Diplomates visés

L’Union européenne en tant que telle n’a pas été épargnée. Outre un garde privé de la mission EUBAM Libya agressé dans la rue (lire : Quelques armes disparues en Libye… Ca arrive), le convoi dans lequel se trouvait l’ambassadrice de l’UE en Libye, Nataliya Apostolova, a ainsi été victime d’une attaque au mois d’août. Elle sortait justement d’une réunion avec les ambassadeurs des États membres dans l’hôtel Corinthia, lorsqu’un de ses véhicules d’escorte a été percuté par un véhicule qui n’avait pas de plaques. Un garde du corps a été pointé avec une arme à feu. Le convoi européen a, alors, quitté les lieux rapidement. Mais des coups de feu auraient alors été tirés dans leur direction selon la presse libyenne. Sous l’œil des gardiens du Corinthia qui n’auraient pas bougé.

Un projet américain de formation des forces spéciales

Dans ce contexte, les Américains envisagent toujours « d’entraîner les forces conventionnelles libyennes, entre 5.000 et 7.000 membres de ces forces ». Et « un effort supplémentaire concernant les opérations spéciales (sera fait) pour former un certain nombre de leurs forces à mener des actions anti-terroristes », comme l’a confirmé l’amiral William H. McRaven, chef du SOC (Special Operations Command), lors du « Reagan National Defense Forum » tenu ce samedi (16 novembre), à Simi Valley (Californie). Ces forces pourraient être formées « par petits groupes en rotation en Bulgarie », selon l’agence Reuters. Rien n’est cependant encore décidé. C’est l’Africom, le commandement US pour l’Afrique, qui coordonne cette mission. Mais les problèmes ne sont pas mineurs, notamment pour sélectionner les « stagiaires », comme l’explique le New York Times.

(Leonor Hubaut & Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : Le quotidien difficile d’EUBAM Libya