EUPOL Copps (3). Au cœur du capacity building, l’OpsRoom

EUPOL Copps (3). Au cœur du capacity building, l’OpsRoom

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Au coeur de l'OpsRoom

Au coeur de l’OpsRoom

(BRUXELLES2 à Ramallah) La crisis room est située au 6e étage du quartier général de la police palestinienne. A intérieur, du classique d’une salle opérationnelle : des ordinateurs, des téléphones et des radios (Motorola). Mais la police palestinienne en est fière. Et les Européens également. C’est l’aboutissement d’un projet démarré en 2008 et auxquels ont contribué outre la Commission européenne, le Canada, les Pays-Bas, Le Royaume-Uni, la Finlande et l’Estonie, avec le soutien et le conseil d’EUPOL Copps. Coût : 12,7 millions $. Au-delà de l’équipement, c’est aussi le symbole que la présence européenne n’est pas là seulement pour aider temporairement mais batir une structure. On passe du « training » au « capacity building » aime-t-on à préciser à la mission.

Relier tous les districts entre eux, une petite révolution

L’objectif est de pouvoir relier les onze districts de la police et le quartier général, en utilisant un même système d’échange d’informations (ICS), comprenant radio, data (données) et téléphone. Cela permet notamment de recenser et centraliser tous les incidents qui se produisent dans un des districts de la police palestinienne. Mais aussi de coordonner les opérations quand un incident dépasse la capacité d’un seul district : soit parce qu’il concerne plusieurs districts, soit parce qu’il est très important et concerne toute la Cisjordanie. Les autres forces de sécurité peuvent se connecter sur l’infrastructure du SIS.

Et bientôt l’informatique embarquée

C’est l’informatisation du dispositif qui représente le cœur du système. Chaque incident fait l’objet d’une notification informatique. Cette « main courante » électronique a plusieurs fonctions : le « reporting », les statistiques, le suivi des affaires. « Une petite révolution » note un officier européen. A terme, tous les véhicules de la police palestinienne seront dotés d’une informatique embarquée. La police palestinienne n’aura alors rien à envier à son alter ego israélien ou aux autres forces européennes.

La délinquance palestinienne en chiffre

Selon les statistiques, la délinquance rejoint les normes européennes. Environ 26 meurtres ont été recensés depuis le début de l’année. Ce qui représente une petite augmentation : à comparer aux 28 meurtres recensés pour toute l’année 2012. Mais c’est par la route que l’on meurt encore le plus. 120 morts recensés en 2012 et 8075 blessés (*). Les faits en augmentation sont cependant les cas de toxicomanie : trafic de H, de Marijuana, de cocaïne, ou de drogues synthétiques ont fait leur apparition au grand jour.  Certains faits peuvent sembler anecdotiques,  comme cette attaque contre des personnes âgées. Un fait « qui a beaucoup choqué ici. Cela a provoqué un débat dans la société » témoigne un officier. Les violences conjuguales sont aussi un phénomène apparu, ou plutôt révélé par les statistiques. L’Unité de protection de la famille (FPU) a ainsi reçu 2849 plaintes à comparer aux 55 dossiers ouverts trois ans auparavant. On a ainsi la . A noter que le nombre déténus dans les prisons palestiniennes avoisinait en 2012 les 7000 personnes (6893 hommes et 131 femmes)