EUPOL Copps (4). Une coordination concrète

EUPOL Copps (4). Une coordination concrète

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HotelYadHashmonaChalet(BRUXELLES2) C’est un hôtel discret, situé sur une colline de Cisjordanie, le Yad Hashmona Country Hotel. C’est dans cette aula touristique, située sur les monts de Judée, à 20 mn de Jerusalem, aux allures de chalet de montagne, que les différents responsables de police israélienne (INP) et palestinienne (PCP) ont pris l’habitude de se rencontrer. Le motto de l’hotel tiré de la Bible (Mathieu 5.14) « Une ville située sur une montagne ne peut être cachée » prend ici toute sa saveur.

Les Européens jouant le rôle de honnest broker

Une présence nécessaire pour ne pas donner à ces rencontres le qualificatif tant redouté de « collaboration » côté palestinien. « On voit fréquemment nos collègues des deux côtés – explique Ken Deane, le chef d’EUPOL Copps —. « On encourage nos collègues des deux côtés, à entretenir des liens amicaux, à travers une vraie coopération. »

KobiCohen9540aUne coopération dans la police du quotidien

« La connexion entre les deux polices est vraiment forte – confirme le général Kobi Cohen, chef adjoint de la police en Cisjordanie. Dans le quotidien, il y a une coopération entre les deux polices, ce qui change la dynamique, travaillant ensemble sur différents sujets. » Ces rencontres se déroulent en effet au rythme de « rencontres hebdomadaires et mensuelles entre les commandants des différents districts israéliens et palestiniens, au haut niveau et niveau opérationnel ». Objectif : trouver des moyens de coopération dans la police de tous les jours : la police de la route, les accidents, la police scientifique.

L’arabe langue de communication

Sur place, quand un accident se produit, c’est souvent l’arabe qui est choisi. « La majorité des incidents se traitent en arabe » confirme K. Cohen. Les « officiers de police israéliens parlent arabe, et certains personnels le comprennent également ». Pour lui, la coordination se passe bien, malgré la division du territoire en plusieurs zones. « Quand il y a un accident de route impliquant des véhicules palestiniens, on remet le constat aux policiers palestiniens dans les zones B et C. » Et la division en zones ne conduit « pas de réelle difficulté » explique-t-il, exemple à l’appui. « Nous avions un phénomène de vols d’équipements électroniques vers la Zone A. On a convenu que la police israélienne pouvait intervenir en zone A. Ce qui a permis d’arrêter les 2 groupes de voleurs. »

Un processus dépendant du climat politique

La coopération au quotidien est encore cependant balbutiante. Il n’y a pas encore de système CIS ou radio en commun, permettant à chacun d’être joignable très rapidement. Il n’y pas non plus de patrouilles conjointes? Du moins « pas encore », comme le reconnait un officier israélien. Cette coopération est aussi fortement dépendante de l’atmosphère politique du moment. Les nouvelles discussions autour du processus de paix conduisent, incontestablement à « une certaine détente », confie un officier européen, et donc « à une accélération des procédures de coordination ».

Le problème : ce n’est pas la police

La police israélienne n’est pas seule à intervenir dans les zones B et C des territoires occupés. De l’aveu de tous les observateurs et acteurs, les difficultés ne proviennent pas vraiment des « polices » qui, d’une certaine façon, mènent le même travail, mais de l’intervention des autres forces, notamment des forces armées israéliennes (IDF) qui interviennent souvent en cas d’incident ou pour protéger les colons et ne sont « pas du tout » coordonnées avec l’autorité palestinienne, ni même apparemment avec la police israélienne. Les incursions de l’armée israélienne, outre qu’elles se déroulent selon un protocole qui ne vise pas automatiquement à « éviter l’usage de la force » ont souvent un effet contre-productif en matière de sécurité comme d’amélioration de la coordination.

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