Les réfugiés syriens, une menace pour la sécurité ?

(BRUXELLES2) Le ministre bulgare de la Défense, Angel Naydenov, n’y va par 4 chemins. L’arrivée de réfugiés Syriens en nombre en Bulgarie est « un des principaux risques pour la sécurité nationale » a-t-il déclaré lundi. « Et cela a déjà été indiqué plus d’une fois ». Le ministre a notamment pointé du doigt le fait que des éléments radicalisés puissent ainsi entrer dans le pays, selon l’agence Novinite. « Nous devrions tous, citoyens et institutions, prendre les mesures nécessaires pour voir comment ces réfugiés peuvent être logés », a-t-il ajouté.

En quelques semaines, il est arrivé dans le pays plusieurs milliers de Syriens. Et le gouvernement s’attend à devoir accueillir 11.000 Syriens d’ici la fin de l’année. Ce qui est notable. La Bulgarie n’a pas une tradition très importante d’accueil des réfugiés (comme la plupart des pays d’Europe de l’Est d’ailleurs). En 2012, sur 606 demandes d’asile, elle n’en a accepté que 195 ! 20 seulement à titre de réfugié et 175 au titre de la protection temporaire (A comparer aux 1455 demandeurs d’asile reconnus à Malte qui a une population 15 fois moins nombreuse !).

Commentaire : si le message est un peu abrupt, il mérite une certaine considération. Le nombre de réfugiés syriens devient effectivement une « question » de sécurité et toute l’Europe mériterait de s’y pencher de façon plus sérieuse. Et rapidement. Car la situation s’accélère. Le rythme de 5 millions de réfugiés pourrait être franchi selon les agences de l’ONU. Et les pays voisins débordent : la Turquie a plus ou moins clos ses frontières, la Jordanie n’en est pas loin et le Liban déborde. En Egypte, on expulse, etc. Beaucoup se voilent actuellement la face en Europe sur ce problème. Je rencontrais, hier, à Strasbourg plusieurs eurodéputés, UMP. Et les solutions affichées étaient affligeantes. « Il faut qu’ils restent dans les pays voisins. On n’a qu’à faire pression sur la Turquie » disait l’un, pourtant europhile convaincu. La solution du conflit est « politique avant tout » dit l’autre. Des remarques sensées mais qui ne résolvent pas la situation actuelle. Les réfugiés syriens pourraient arriver rapidement en plus grand nombre vers l’Europe rapidement, via la Turquie ou la Méditerranée. Et il importe de se préparer !

(*) je préfère ce terme à « menace »

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).