Moscou n’apprécie pas le lait lituanien… Un chantage très politique

Un lait qui n'ira pas en Russie... (© NGV)
Un lait qui n’ira pas en Russie… (© NGV)

(BRUXELLES2). « Nous avons toute confiance dans la sécurité des produits lituaniens. Ils respectent les règles européennes qui sont parmi les plus exigeants au monde ». La réponse du porte-parole de la Commission à la mesure d’interdiction prise par la Russie de toute importation de produits laitiers lituaniens ne fait pas dans l’ambiguïté. « Pour elle, il ne s’agit pas d’un problème commercial » ou d’une question d’hygiène, mais d’un problème plus général. « La Commission européenne explique notamment « ne pas avoir été informée formellement par les autorités russes de leurs préoccupations ». Ce qui est d’ordinaire le cas quand il y a un problème de sécurité. « Nous ne savons pas ce qui est reproché aux produits lituaniens ».

Un chantage très politique

A la Commission, même si on ne garde bien d’accuser Moscou, il semble évident que le problème est plus politique que technique. Entre Moscou et Vilnius, les relations n’ont jamais été simples. Et tant la présidence de l’Union européenne par l’ancienne république soviétique que la prochaine signature d’un partenariat oriental avec les pays proches sont vues par Moscou d’un mauvais oeil. Mais l’exécutif européen ne veut pas prêter le flanc à une escalade.

Un avertissement

Ce blocage fait ainsi figure d’avertissement pour les responsables ukrainiens ou moldaves qui cherchent à se rapprocher de l’Union européenne. Il est clair que la Russie pourrait bien ne pas se contenter de bloquer quelques camions de lait mais devrait continuer jusqu’à novembre et au-delà une stratégie de harcèlement de ses voisins, des provocations et de pressions en tous sens. Ceci n’est qu’un début… L’Europe doit s’attendre à pire et s’y préparer !

(Nicolas Gros-Verheyde avec Leonor Hubaut)

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