Ligne frontière en Ossétie : l’UE n’est pas contente et le fait savoir

Ligne frontière en Ossétie : l’UE n’est pas contente et le fait savoir

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Les ambassadeurs du COPS étaient en visite en Géorgie fin septembre (Crédit : EUMM Georgia)

Les ambassadeurs du COPS étaient en visite en Géorgie fin septembre (Crédit : EUMM Georgia)

(BRUXELLES2) Coup sur coup, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Cathy Ashton, comme le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ont tenu à rappeler la Russie à l’ordre de ses obligations internationales en Géorgie. Cathy Ashton a tenu à rappeler sa « profonde inquiétude » sur l’établissement continu et même augmentation « par les forces de sécurité russes de clôtures et autres obstacles le long des limites administratives en Géorgie entre le territoire administré par le gouvernement de Tbilissi et dans les régions d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud » Ces activités – -a-t-elle ajouté – sont « contraires à l’intégrité territoriale de la Géorgie », peuvent « créer des difficultés importantes pour les résidents de chaque côté des limites administratives » et « menacer sérieusement la stabilité et la sécurité dans ces régions ». Et d’appeler le gouvernement Poutine à « s’assurer que ces obstacles sont supprimés » et réaffirmer « le soutien de l’Union européenne pour l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues ».

Inquiétude à l’OTAN également

A.F. Rasmussen s’est fendu lui aussi d’un communiqué estimant que cette position est en « contradiction avec les engagements internationaux de la Russie et ne contribue pas à une résolution pacifique du conflit ». La position de l’OTAN est très claire » a-t-il tenu à souligner : « Comme elle l’a rappelé au sommet de Chicago, l’OTAN soutient l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues. (Et) nous « appelons la Russie à de reconnaitre les régions d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud comme Etats indépendants ».

Sortir de la discrétion

On se souvient que ce type d’établissement n’est pas nouveau. Le long de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, il y avait déjà une frontière, bien présente, parfois non visible à l’oeil nu. Celle-ci devient maintenant de plus en plus visible. Mais jusqu’ici l’Union européenne avait réagi très discrètement, par un communiqué de la délégation locale ou du chef de la mission d’observation de l’UE sur place (EUMM Georgia). La récente visite, fin septembre, des 28 ambassadeurs du COPS – le Comité politique et de sécurité de l’UE- dans la région, à l’invitation de la présidence lituanienne, n’est sans doute pas pour rien dans cette prise de position publique plus affirmée.

Un véritable bras de fer

La Russie a ses raisons. Outre des motivations conjoncturelles – Moscou redoute une infiltration de terroristes ou autres opposants aux JO de Sochi (qui se déroule côté russe mais à proximité de l’Abkhazie), on sent bien également une volonté du Kremlin de marquer son voisinage, et de « gagner du terrain », à l’approche du sommet sur le partenariat oriental de Vilnius qui doit voir, fin novembre, un rapprochement plus important entre les pays proches de la Russie (Ukraine, Moldavie, Géorgie…) et l’Union européenne. C’est un véritable bras de fer qui se déroule ainsi entre l’Ouest et l’Est pour essayer de gagner ou garder des pays dans sa sphère de pouvoir. Et il est à parier qu’il ne s’arrête pas ici. De façon classique, la Russie va sans doute agiter l’arme économique, du gaz notamment, avec ses voisins, qu’ils appartiennent à l’Union européenne ou non. Elle pourrait aussi se décider à franchir un nouveau pas en se décidant à examiner la demande de l’Ossétie du Sud d’accéder à la république de Russie. Par exemple…

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