0 bateau piraté au large de la Somalie en 2013. Pourvu que ca doure !

(BRUXELLES2) La piraterie reste une menace mais plus aussi haute qu’auparavant. Les chiffres communiqués du côté du QG de l’opération européenne anti-piraterie Atalanta sont nets. Le nombre d’attaques a chuté de façon nette en 2012 et encore plus en 2013.

Stat Piraterie 2008-2013

Alors qu’il y avait près de 200 attaques dans les années précédentes (163 en 2009, 174 en 2010, 176 en 2011), il y a eu seulement 34 en 2012 et 4 en 2013 ! Le nombre d’événements suspects » a aussi chuté de 166 en 2011 à 73 en 2012 et 14 en 2013. Le dernier évènement suspect remonte en juin dans le bassin somalien. Quant au nombre de navires piratés (de 46 et 47 en 2009 et 2010), il chute de moitié en 2011, se réduit à 5 en 2012 et est toujours 0 en 2013. Pourvu que ca dure (doure comme disait la mère de Bonaparte)…

Des différences d’approche statistique

Le bilan est sensiblement différent au bureau maritime international de la chambre de commerce (International Maritime Bureau) qui mentionne 10 incidents en 2013 incluant 2 piratages, ainsi que 57 otages au 31 aout. Cette différence s’explique aussi par le fait que le BMI prend en compte les bateaux ou dhows piratés mais pour quelques heures seulement. Ainsi un bateau de pêche avait été arraisonné par les pirates, le 28 mars, au large de Raas Caseyr en Somalie. Les pirates avaient pris le bateau de pêche avec 20 membres à bord, le navire avait été secouru le même jour, son équipage libéré et conduit à bon port. De même, un dhow indien avec 14 membres d’équipage avait bien été pris par des pirates, début juin, au large du Puntland mais rapidement « évacué » par ses occupants mis sous pression des militaires (lire : Des Indiens échappent aux pirates. La Marine suédoise en intervention).

Attention à trop d’optimisme

Pour le contre-amiral Bob Tarrant, qui dirige l’opération européenne, il faut cependant toujours veiller à ne pas baisser la garde. « Dès qu’on relâche un peu l’attention » a-t-il expliqué aux ministres de la Défense récemment, « nous constatons qu’il y a une recrudescence d’évènements ». Selon les chiffres d’Atalanta, qui ne prennent pas en compte tous les dhows et petits navires, il reste un seul navire aux mains des pirates somaliens — le FV Naham 3 — et 54 otages — 28 du FV Naham 3, 4 du FV Prantalay 12, 7 du Asphalt Venture et 15 du Mv Albedo.

La piraterie se déplace vers l’ouest

A noter que de l’autre côté du continent, en Afrique de l’ouest, la piraterie et le banditisme (eaux territoriales) a connu une recrudescence. Ils sont principalement localisés au Nigeria, où le BMI recense 28 incidents dont deux captures (30 incidents au total dans le Golfe de Guinée). Il s’agit principalement de navires transportant du pétrole qui sont rançonnés pour leur marchandise et les biens qui transportent à bord. Les personnels étant relâchés ensuite assez rapidement. Cette piraterie est cependant assez violente. Les pirates n’hésitant pas à s’en prendre rapidement aux otages.

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