EUTM Mali : une formation exigeante

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(BRUXELLES2, exclusif) Six mois après sa mise en place, la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) a trouvé son rythme de croisière. Un point d’étape devrait ainsi avoir lieu au Comité politique et de sécurité (COPS) de l’Union européenne ce mardi (17 septembre) (*). Ce qui doit démarrer le processus de réflexion sur l’avenir de la mission.

Mission parfaitement identifiée

Cette mission est « parfaitement identifiée dans le paysage politique malien. Son périmètre est bien défini, en parfaite complémentarité d’autres missions dans le pays (comme les missions de l’Onu, Serval…). C’est une mission bien née, parfaitement reconnue » nous a confié le général Guibert qui a succédé au général Lecointre au début de l’été. La mission se trouve effectivement au milieu du gué. La formation du second bataillon « elou » (éléphant en Tamashek, la langue touareg) est terminée. La formation du troisième bataillon démarrera, après une pause de 2 semaines, le 30 septembre.

Une formation intensive

Cette formation de 10-11 semaines qui peut paraître un peu courte aux yeux du profane. Mais 10-11 semaines, pour un bataillon avec équipements, avec des hommes restant ensemble, des formateurs européens en nombre — on atteint 3-4 hommes pour un formateur, un niveau rarement atteint même au niveau européen —, c’est « énorme à l’échelle d’une armée malienne », qui n’avait jusqu’ici que peu d’entrainement si ce n’est quelques entraînement au tir ; il n’existait « pas vraiment de culture permanente de la préparation opérationnelle ». Notre « formation est exigeante » assure le général Guibert. « Du lundi au samedi, avec du sport tous les jours, parfois des marches ou combats de nuit, le rythme est important ».

La multinationalité : un atout plutôt qu’un inconvénient

Quant à la multinationalité, souvent décriée dans certains milieux d’experts, « non seulement, elle n’est pas un obstacle, mais plutôt un atout. Chaque nation a mis ce qu’elle a de meilleur dans sa spécialité. » Le principe de la mission était, en effet, d’éviter toute interférence entre les différents pays avec un axiome : « Une spécialité = une doctrine = une nation ». « Les soldats et formateurs européens sont, avant tout, des soldats. C’est pour cela que ça marche bien. Ce sont des soldats qui forment des soldats. Ils font la même chose qu’en Europe quand on s’entraine. » Cela représente aussi pour l’Union européenne une « opportunité : consolider son volet militaire PSDC et montrer que cela fonctionne ».

Bluffant…

Pour le général Guibert, qui en a vu d’autres. « C’est bluffant. Nous avons une section d’élite formé au tir par les Hongrois, par exemple. C’était excellent. Je n’ai pas vu de différences par rapport à des formations qu’on aurait pu donner. Les pays européens ont des doctrines très proches. Il y a peu de différences. Il y a un apprentissage collectif également au niveau des Européens. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Ce point d’étape n’a finalement pas eu lieu pour des raisons d’agenda, il est repoussé à début octobre

Sur B2 – le Club  (pour les abonnés) : le bilan de l’engagement du premier bataillon, la mission d’expertise auprès du ministère de la défense, les premières idées pour la future Loi de programmation militaire du Mali, les contours d’évolution de la mission, etc