Acquérir des drones et… penser à l’étape d’après

(Crédit : Agence européenne de défense)
(Crédit : Agence européenne de défense)

(BRUXELLES2) La question des drones – que ce soit l’acquisition ou la fabrication – est désormais un sujet politique important. Et ce sera sans doute un des points majeurs où on pourra jauger, ou non, de l’avancée en matière d’Europe de la Défense, au sommet de la fin de l’année. Le général de Rousiers – qui préside le comité militaire de l’UE -, a tenu à situer le contexte lors d’un échange avec la presse.

La protection des données

L’acquisition est juste une petite part du processus. Ce qui est « tout aussi important est l’emploi : pourquoi achète-t-on, quel est l’objectif ? ». Surtout quand l’acquisition est faite en coopération, les questions se multiplient. Il faut savoir ainsi « si opère ensemble les drones ? Pour quoi usage ? Est-ce pour la surveillance des frontières ou les zones où on est engagé ? Exploite-t-on en commun les données ? Que fait-on des données ? Combien de temps les garde-t-on ? Les partage-t-on avec les partenaires ? Et de quelle manière, etc. » On le voit les points d’interrogation sont nombreux.

L’urgence d’un débat

« Nous avons besoin d’un débat » considère donc le général (avec justesse. Et également de réponses, pourrait-on ajouter, « au plan juridique ». Idem en matière de drones armés « Les emploie-t-on ? Selon quels règles ». Toute une  série de questions « qui doivent être abordées en même temps que l’acquisition ». Les drones, eux-mêmes, ne sont en soi qu’une étape – ajoute de Rousiers. « L’étape d’après c’est la robotisation. Des robots terrestres, des robots maritimes — le tout piloté avec de l’intelligence artificielle, c’est-à-dire programmée —, feront leur apparition dans un horizon de dix à quinze ans. C’est un horizon très proche. »

Commentaire : toutes ces interrogations devraient susciter des réponses au plan européen. Alors que les drones commencent à être utilisés dans des usages « civils », de police ou de prévention (aux Pays-Bas) par exemple, un cadre législatif de protection des données, au plan européen, devrait être proposé et défini au niveau européen. A la Commission européenne de prendre, dans ce cas, l’initiative. Dans le cas contraire, on risque d’avoir des législations diverses, et parfois contradictoires qui se mettent en place.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).