La Brigade franco-allemande en renfort contre les inondations

(crédit : Brigade franco-allemande)

(BRUXELLES2) Plusieurs unités de la brigade franco-allemande (BFA) prêtent actuellement main forte aux autorités de sécurité civile allemandes face aux inondations. Après la déclaration de catastrophe « naturelle » voire de « catastrophe nationale »selon le mot employé le président fédéral allemand Gauck, des unités allemandes mais aussi françaises ont été déployées d’abord en Bavière puis en Saxe, à la demande des autorités des Länder (*).

Unités françaises et allemandes

Un état-major de conduite des opérations a été mis en place, placé sous les ordres de l’Oberstleutnant Kuhlmann, commandant le Jägerbataillon 292. Coté allemand, la « Task Force BFA » est composée de la 2e compagnie du Jägerbataillon 292, de la 3e compagnie du Jägerbataillon 291, d’un élément de la Panzerpionierkompanie 550 et de la 4e compagnie allemande du bataillon de commandement et de soutien (BCS). Une soixantaine de militaires français ont été également mobilisés, provenant d’une section du 110e régiment d’infanterie et du peloton de transport du BCS.

D’abord déployée comme force d’intervention de réserve sur les rives du Danube, fragilisées par les eaux, dès le 5 juin, la « task force BFA » a rejoint les rives de l’Elbe, dans l’est de la Saxe, près de la frontière tchèque, où « la situation est de plus en plus préoccupante ». Entretemps, le peloton de transport du BCS, parti de Mülheim le 6 juin dans la nuit, a livré près de 850 lits en Bavière dans la région de Passau, avant de rejoindre le reste du détachement.

Une brèche sur les rives de l’Elbe

Le détachement de la BFA s’installe d’abord entre Pülswerda et Köllitsch, à une centaine de kilomètres au nord de Dresde. Les localités sont menacées par la crue de l’Elbe suite aux fortes précipitations des dernières semaines. La mission principale des soldats des deux nations est – comme l’explique l’officier de communication de la BFA, « de renforcer la digue en confectionnant des sacs de sable et d’ériger des barrières afin d’arrêter l’eau ». L’état-major mobile de l’Oberstleutnant Kuhlmann s’installe, lui, dans le château du petit village de Pülswerda, à quelques dizaines de mètres à peine des eaux en crues tandis que les soldats sont hébergés à Köllitsch. Puis les soldats déménagent, plus au Nord, où la situation est carrément critique. « Une brèche s’est ouverte sur l’une des digues de l’Elbe ». L’état-major mobile s’installe à Lutherstadt-Wittenberg, tandis que la 2ème compagnie de l’Hauptamnn Köhler, avec ses éléments français, s’installe dans le village de Prettin à 20 km de Torgau. Mission : confectionner des sacs de sable, et surtout les acheminer avec des camions vers les endroits critiques. Les soldats sont soutenus par la population, qui « les ravitaillent en eau et… pâtisseries ». De quoi, redoubler d’effort…

(*) La lutte contre les catastrophes naturelles dépend essentiellement en Allemagne des Länder. Un sommet de crise va être organisé jeudi prochain entre les ministres-présidents des 16 Länder pour définir et répartir l’aide financière.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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