Tension à la frontière moldave avec la Transnistrie. Et à l’arrière-plan un bras de fer Moscou-Bruxelles ?

(BRUXELLES2) La Transnistrie – république sécessionniste de la Moldavie et autoproclamée indépendante depuis le début des années 1990 – fait rarement la une de nos médias. Or le conflit est loin d’être réglé. Et alors que se rapproche le sommet sur le partenariat oriental qui doit voir l’UE se rapprocher de la Moldavie et de l’Ukraine, les tensions renaissent.

Plus de 20 ans sans solution

« Deux décennies de conflits non résolus ont conduit à la détérioration continue des conditions de vie dans les zones touchées, et seule une solution négociée, de façon pacifique, ouverte vers le futur, respectant les droits fondamentaux de tous les citoyens résidant à l’intérieur des frontières internationalement reconnues de la République de Moldavie, sera en mesure d’apporter une solution viable propice à une paix durable et la prospérité sur le Dniestr » vient ainsi de rappeler la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, C. Ashton, vendredi (21 juin). Et d’ajouter « J’exhorte les deux parties du conflit de travailler dans un esprit constructif, dans le cadre du processus de négociation « 5+2 », à un règlement pacifique ». L’Union européenne est d’ailleurs résolument « engagée à soutenir le processus de règlement, dans l’intérêt et pour le bénéfice des populations sur le terrain, par le dialogue avec toutes les parties concernées. » et « soutient »  la déclaration faite récemment par le président en exercice de l’OSCE, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Leonid Kozhara, sur la décision des autorités de Transnistrie concernant « les frontières de fait ».

Une tension qui n’est pas étrangère aux accords UE-Moldavie

L’espoir d’un règlement de la question fait du yoyo. Après des signes encourageants en début d’année, la tension est remontée d’un cran depuis plusieurs semaines. Les autorités de Transnistrie ont, en effet, entrepris, le 10 juin dernier, de redessiner les frontières incluant dans le territoire de la république autoproclamée des villages qui dépendaient de la Moldavie auparavant. L’Ukraine avait fixé en prenant la présidence de l’OSCE la Transnistrie comme une de ses priorités. Mais Moscou — qui entretient sur le territoire de la Transnistrie une force militaire « d’interposition » — et Tiraspol semblent en avoir décidé autrement. Déjà en avril, l’installation de nouvelles guérites dans un village « frontière » à Varnita avaient semé l’émoi à Chisinau, la capitale de la Moldavie. Une tension qui ne semble pas étrangère à la signature des accords de libre circulation des visas et à la volonté européenne de renforcer son partenariat oriental. La Moldavie a, en effet, modernisé ses points frontière dans le cadre de l’accord avec l’Union européenne. Ce qui a été ressenti par les populations russophones de la région comme une nouvelle discrimination.

Un bras de fer Moscou-Bruxelles

La Transnistrie semble être un épisode du bras de fer qui oppose Bruxelles et Moscou. En instaurant un « partenariat oriental » et une coopération développée avec plusieurs pays de la bordure russe, l’Union européenne contrecarre des projets similaires conçus à Moscou pour éviter que son ancienne zone d’influence soit grignotée par l’occident.

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