L’Allemagne abandonne son Euro Hawk

(B2) Berlin a jeté l’éponge. Après avoir tergiversé, le gouvernement a abandonné le projet d’avion sans pilote, Euro Hawk, mené par EADS et Northrop Grumman.

Explication officielle donnée par le ministre de la Défense, Thomas de Maizière : les coûts ont déjà atteint 600 millions d’euros et 500 millions d’euros sont encore nécessaires pour atteindre un niveau de maturité. Le problème est l’insertion dans le ciel européen. L’Agence européenne de sécurité de l’aviation (EASA) n’a pas agréé l’engin à cause du défaut de système anti-collision.

On peut avoir comme un doute sur cette explication. Cela fait plusieurs mois qu’au sein de l’Agence européenne de la Défense, ce sujet est sur la table, les implications des nouvelles normes aériennes au secteur militaire, et plusieurs années, que les militaires se posent la question.

L’affaire fait scandale outre-Rhin. Car le gouvernement semble avoir mené l’affaire en dépit du bon sens, arrêtant tout à coup le programme. Ainsi que le dit mon collègue, Thomas Wiegold, de Augengeradenaus, qui suit de près cette faire, le gouvernement a encore dépensé, en 2012, environ 100 millions d’euros (70,08 millions € pour le développement du système et 30,18 millions € pour l’achat). Et le dernier rapport de la Bundeswehr, pourtant publié le 8 mai, y faisait encore référence.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).