Boycott photographique

(BRUXELLES2) Les photographes accrédités auprès de l’Union européenne se sentent mal considérés et mal traités par la Haute représentante, Catherine Ashton. Ils sont sans cesse ballotés entre autorisations et interdictions. Certains accès à des points VIP ou manifestations publiques leur sont interdits. Les photographies étant alors diffusés par le service officiel. Ce qui est contraire aux usages habituels de la presse à Bruxelles.

Certains d’entre eux ont donc décidé de « boycotter » la Haute représentante. A la dernière réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères, la consigne a été tenue. Aucun photographe n’a ainsi pris de photo de la Haute représentante lors du tour de table (seules existent les photos officielles donc). Geste rare. Il faut dire que si les mouvements d’humeur peuvent être fréquents chez les journalistes et les photographes, le boycott est un acte exceptionnel. Ce geste devra être pris en considération d’autant que la mauvaise humeur n’est pas isolée.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Une pensée sur “Boycott photographique

  • 31 mai 2013 à 10:38
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    Merci pour votre article, même si le problème ne se limite pas à une question d’amour propre, de ressentiment ou de maltraitance. Il ne faut pas exagérer : nous ne sommes pas maltraités et nous ne nous sentons pas plus mal considérés par Mme Ashton que par d’autres éminences ou « simples » portes-parole auprès des Institutions Européennes. Il s’agit ni plus ni moins que d’un manque de respect envers nous et envers notre temps: Un jour nous sommes invités à une opportunité photo à 10h; on vient, on attend; à 11h, on nous dit que la photo se fera à midi, et à midi et demi on nous dit que c’est annulé. Un autre jour on nous prévient à 15h qu’une opportunité photo aura lieu à l’OTAN à 15H30 -bonjour le stress pour arriver à temps, nous n’avons pas d’escorte, nous- ; à 15h30 on attend Madame qui ne vient pas, on reçoit alors un message, à 16h, disant que la photo se fera au conseil à 16h05. On joue avec nos pieds. Donc on boycotte.

    D’autres part d’autres événements nous sont interdits mais on retrouvent les photos sur flicker par la suite : Madame déjeune avec untel , Madame signe un accord, Madame dans l’ascenseur, Madame par ci Madame par là. Où est la logique ?

    Enfin, des photographes travaillent (ils sont fonctionnaires et payés pour) pour les services de presse ou unités audiovisuelles de toutes les Institutions EU qui diffusent leur production aux médias DE TOUTE FACON.
    Ce n’est pas contraire aux usages habituels de la presse à Bruxelles car se ne sont pas des organismes de presse. Ces services se substituent à elle et créent une concurrence absolument déloyale envers photographes et cameramen indépendants ou d’agences en proposant des images -de moins en moins de moins bonne qualité- GRATUITES aux médias.
    L’usage habituel de la presse se limite, heureusement pour nous, à refuser d’exploiter ces images.
    ( Je dis heureusement, car tout va bien :http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2013/05/30/le-chicago-sun-times-licencie-l-ensemble-de-ses-photographes_3421446_3236.html )

    Eric Vidal / photographe freelance

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