Les « jonjoli » empêchés de travailler près de l’Ossétie. L’Abkhazie devient une vraie frontière

Les « jonjoli » empêchés de travailler près de l’Ossétie. L’Abkhazie devient une vraie frontière

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Réunion du mécanisme de prévention des incidents avec les Sud-Ossètes. A gauche, le chef de mission de EUMM Georgia (crédit : EUMM)

(BRUXELLES2) On pourrait croire que la situation en Géorgie s’est calmée, près de 5 ans, après l’intervention russe en Ossétie du sud. C’est un leurre. La Géorgie a certes disparu de nos écrans médiatiques. Mais, à proximité de la ligne administrative avec l’Ossétie du Sud, comme de l’Abkhazie, les observateurs européens d’EUMM Georgia sont toujours là. Et la situation ne s’améliore pas vraiment. Des récents incidents  le rappellent.

Les « Jonjoli » empêchés de faire leur travail

Le franchissement de la « ligne administrative » de l’Ossétie du Sud est toujours aussi difficile, empêchant les agriculteurs ou habitants de vivre normalement des deux côtés. Les médias locaux ont ainsi révélé que, début mai, plus de 20 citoyens géorgiens étaient détenus coté sud-ossètes, la majorité d’entre eux étaient des personnes allant chercher du « jonjoli », un ingrédient utilisé pour faire la marinade. 11 personnes détenues en Ossétie viennent d’être libérées, mercredi (8 mai), grâce aux contacts développés entre Tbilissi et Tskhinvali.

Arrestations, détentions, libérations rythment la vie du côté de l’Ossétie

Du coté des observateurs européens, on fait part très officiellement, dans un communiqué, de « l’inquiétude sur l’augmentation des détentions ». Certes la mission EUMM s’est réjouie de la « libération conséquente de détenus par Tskhinvali » (Ossétie du Sud). Mais elle a aussi rappelé que « restreindre la liberté de mouvement affecte directement les moyens de subsistance de la population locale ». La mission promet ainsi de continuer à « suivre étroitement (cette) question dans le cadre de son mandat ». Un sujet qui est à l’ordre du jour, de façon permanente, lors des réunions mensuelles à Ergneti du Mécanisme de prévention et de réponse aux incidents (IPRM), dispositif co-animé par l’EUMM et de l’OSCE.

Situation tendue près de l’Abkhazie

Avec l’Abkhazie, les relations sont difficiles. Elle sont même gelées. Le dispositif de prévention des incidents (IPRM) comme les réunions et missions conjointes ne fonctionnent plus vraiment. Le chef de la mission d’EUMM, le Polonais Andrzej Tyszkiewicz, a été déclaré « persona non grata » par les autorités de Sokhumi depuis le printemps 2012. Et le temps des visites discrètes à Sokhoumi semble révolu. La ligne devient de plus en plus une frontière, tenue par des gardes-frontières et forces spéciales russes. L’organisation en 2014 des JO d’hiver à Sotchi (qui se situe sur la mer noire à quelques km de l’Abkhazie) n’est sans doute pas étrangère à ce durcissement. Mais, au-delà de cet évènement, les Russes qui soutiennent financièrement le gouvernement abkhaze entendent consolider leur présence dans une zone qu’ils considèrent comme stratégique, à la fois au plan économique comme militaire (base navale et terrestre).

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