Situation « critique » à Mogadiscio. Le déploiement d’EUTM Somalia ralenti

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(BRUXELLES2) Le niveau sécuritaire à Mogadiscio est passé au plus haut degré par les autorités européennes. Le niveau d’alerte a ainsi été relevé de « très haut » à « critique » au dernier comité militaire de l’UE, selon les informations parvenues à B2. Et le transfert envisagé de la mission de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia), d’Ouganda vers la Somalie, semble ralentie. Les dernières nouvelles provenant de la capitale somalienne ne sont en effet pas réjouissantes.

Dans la ligne de mire, l’Etat de droit

Ainsi une trentaine de civils avaient déjà été tués dans une attaque suicide menée par neuf personnes – tous décédées – contre le principal tribunal de Mogadiscio, dimanche 14 avril. Une soixantaine de personnes avaient été blessées. Le même jour, un attentat à la voiture piégée contre un convoi humanitaire turc près de la zone sécurisée de l’aéroport faisait 5 autres morts. Et l’assassinat, ce samedi (27 avril), du procureur en chef adjoint de la Somalie, Ahmed Sheikh Malim Nour, ne fait que confirmer cette crainte. Car les Shebab qui ont subi une défaite militaire semblent bien résolus à ne pas laisser le nouvel Etat somalien prendre ses marques. Tout ce qui peut ressembler à de l’Etat de droit ou la démocratie est une cible. La Haute représentante de l’UE ne s’y est pas trompé, « condamn(ant) fermement ces attaques, qui en aucun cas devrait diminuer les progrès remarquables dans le pays » a indiqué C. Ashton dans un communiqué diffusé à la presse aujourd’hui. « L’UE est pleinement engagée à travailler étroitement avec le gouvernement et plus largement la communauté internationale pour supporter le développement de la sécurité et l’Etat de droit en Somalie » a-t-elle ajouté (*).

Journalistes : métier dangereux

La chasse aux journalistes continue. Et porter un stylo à Mogadiscio devient on ne peut plus dangereux. Mohamed Ibrahim Rageh, journaliste pour la Télévision Nationale Somalienne et Radio Mogadiscio (médias publics), l’a payé de sa vie dans la soirée du 21 avril. Il a été poursuivi et tué par balles par deux hommes armés, près de son domicile. Fin mars, une journaliste somalienne travaillant pour une radio locale avait déjà été assassinée dans la ville, selon le même procédé (deux hommes qui avaient ouvert le feu sur elle). Depuis le début de l’année, 4 journalistes ont ainsi été tués selon le syndicat national des journalistes somaliens.

(*) Texte traduit par nos soins de l’anglais.