EUTM Mali : la formation démarre

EUTM Mali : la formation démarre

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(BRUXELLES2) La formation des soldats maliens a officiellement démarré, au camp de Koulikoro. Les premiers soldats maliens sont arrivés ont participé symboliquement à une prise d’armes avec leurs instructeurs. Quelques jours avant, le général François Lecointre – qui commande la mission – a fourni quelques détails supplémentaires sur cette formation à quelques journalistes (dont B2).

Un bataillon de 670 militaires

Environ 670 militaires seront ainsi formés. Ils proviennent des quatre régions militaires différentes — mais pas du nord selon nos informations —, et seront placés sous les ordres du Lieutenant-Colonel Sanogo (un homonyme sans relation avec l’homme qui a fait le coup d’Etat). La plupart ont une certaine ancienneté de service – au moins deux ou trois ans -. Cela ne veut pas dire qu’ils soient opérationnels. « Ils ont pu perdre de leur formation initiale ». Car des militaires, « c’est comme une équipe de sport. S’ils ne s’entraînent pas, ils perdent leur compétence ».

Un bataillon interarmes…

L’objectif consiste à mettre en place un bataillon interarmes, avec un « cœur de combat d’infanterie, car c’est rustique et la base de tous les combats », et quelques spécialistes tels que les blindés, les sapeurs (génie), les artilleurs (mortiers). La formation va ainsi s’articuler autour de ce que les militaires appellent la « mêlée » (infanterie, cavalerie), avec des éléments d’appui (génie, déminage) et de soutien (logistique). Les listes des stagiaires ont été contrôlées, autant que possible, afin de vérifier qu’ils n’ont « pas été impliqués dans des faits répréhensibles ».

… opérationnel début juillet

Ce bataillon devrait être opérationnel fin juin, début juillet. Point important : à l’issue de la formation, ils ne retourneront pas dans leur unité. « Ce bataillon que nous formons, restera ensemble, constitué. Il formera une nouvelle unité » explique le général. Les Européens n’entendent pas ainsi répéter ce qui a été « une erreur » de la formation dispensée par les Américains où, une fois la formation donnée, « chacun repartait dans son bataillon ». La formation ne sera pas d’ailleurs pas terminée le jour où les soldats maliens quitteront Koulikoro. Les Européens « donneront des rendez-vous » pour s’assurer de l’acquisition des connaissances, voire la compléter au besoin.

80% des effectifs européens

Coté formateurs européens, « plus de 80% des effectifs promis sont déjà sur place » (*). Il manque encore une équipe de « force protection » — les Espagnols (**), qui arrivent le 13 avril — et les instructeurs spécialisés, qui ne vont débuter leur travail qu’après la formation générale. « Tous les éléments prérequis sont donc disponibles » : à commencer par les hélicoptères d’évacuation sanitaire, qui ont effectué les derniers tests et la reconnaissance des lieux, et le « rôle 2 » allemand qui est « très impressionnant».

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Une structure construite en quelques semaines

Les Européens seront logés dans les bâtiments en dur. Pour ceux qui aiment les détails, ils seront à 4 par chambre puis 2 ensuite par chambrée quand tout sera construit. Les travaux nécessaires ont été « effectués rapidement ». Après la première reconnaissance, le 21 janvier, les contrats ont été signés en février, « les bâtiments restaurés et quelques nouveaux bâtiments sont en train de sortir de terre. Ce qui prouve l’efficacité des entreprises du BTP maliennes. En Europe cela n’aurait pas été possible » note, non sans une petite pointe d’ironie, le chef de mission d’EUTM. Petite précision : le nombre de bâtiments nécessaires a diminué par rapport à la planification du départ qui prévoyait un établissement sur le site de Segou/Markala, qui sert aujourd’hui de camp de regroupement pour les Maliens et la MISMA (la force africaine de stabilisation).

La question du logement des Maliens résolue

Les militaires maliens seront logés sous tente grâce au financement européen. Les difficultés de dernière minute posées par un Etat membre (NB : le Royaume-Uni, lire: Les soldats maliens logés à la belle étoile à Koulikoro ? Londres préfère…) ont pu être résolues. « L’ensemble des États membres a bien compris qu’il était indispensable d’aider l’armée malienne à s’installer dans des conditions décentes et débloquer les fonds nécessaires ». Actuellement, l’armée malienne doit, en effet, prélever sur son stock de tentes pour assurer la présence dans les zones opérationnelles. Ce qui est « un enjeu important pour la réintroduction de l’État dans les zones au nord ».

Un petit tour de force européen

Au final, pour le général Lecointre, la mise en place de la mission « a été un tour de force pour une opération multinationale car il fallait à la fois mettre en phase les Européens, et les Maliens. (…) Que cette coordination assez fine puisse aboutir dans les temps c’est bien » note-t-il. Et d’ajouter : « Je ne m’attendais pas à autant de souplesse ou d’adaptation que l’Union européenne. A chaque fois que j’ai été devant les ambassadeurs du COPS (le comité politique et de sécurité) ou au GPM (le groupe politico-militaire qui regroupe les experts des représentations militaires des Etats membres à Bruxelles), j’ai trouvé des gens prêts à faire évoluer » les différents concepts définis. D’autres « évolutions importantes » sont d’ailleurs à attendre pour la formation des autres bataillons à l’automne, en septembre ou octobre.

A suivre :

(*) 22 pays contribuent à EUTM Mali : Autriche, Belgique, Bulgarie, République tchèque, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie, Espagne, Suède et Royaume-Uni.

(**) L’équipe belge de « force protection » arrivera en juin venant relayer un ou deux « sections » françaises (entre 30 et 60 militaires).