Au Mali: l’Europe trop lente. Chapeau à la France (Van Osch)

Au Mali: l’Europe trop lente. Chapeau à la France (Van Osch)

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(BRUXELLES2) Le propos vient d’un Européen, le général néerlandais Van Osch, qui est l’actuel chef d’Etat-Major de l’Union européenne. S’exprimant devant quelques parlementaires, fin février dernier, il a tiré son « chapeau à la France » pour l’opération Serval. « Le Mali aurait été dans une situation catastrophique si la France n’était pas intervenue. Nous projetions de faire une mission de formation de l’armée. Mais avons réagi avec trop de lenteur. » a-t-il reconnu. « Et nous avons été surpris par la rapidité de l’écroulement malien. » Un aveu qui ne se retrouve pas dans beaucoup de bouches d’Européens aujourd’hui.

Et le général d’exprimer un regret. « Il y a là énormément d’enjeux européens : la lutte contre le terrorisme, les drogues, les questions des ressources naturelles, le Sahel se rapprochant de nos frontières. Il était facile de trouver un consensus. Il aurait été intéressant également d’apporter une aide logistique à l’armée malienne. Mais je n’ai pas le budget. Il faut que les gouvernements mettent en place un dispositif pour cela. »

Commentaire : il est rare qu’un officier de premier rang s’exprime ainsi avec une telle franchise. Il est vrai que le général quittera ses fonctions dans quelques semaines. Mais son intervention est d’autant plus intéressante que les Pays-Bas sont un des rares pays (le seul pays d’une certaine importance) à s’être tenu à l’écart de la mission de formation européenne (EUTM Mali) envoyée à Bamako. On peut aussi y voir une critique à l’égard de La Haye, même si le général a été trop prudent pour prononcer de telles paroles.

Le général Van Osch est intervenu sur nombre d’autres sujets tenant à la défense européenne, aux capacités, aux dépenses militaires. Le détail de son intervention devant les eurodéputés est réservé aux abonnés du Club