La mission EUTM Mali : lancée !

La mission EUTM Mali : lancée !

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M. Popowski, secrétaire général adjoint du service diplomatique européen (SEAE), et le général De Rousiers, président du comité militaire de l’UE (EUMC) lors de l’annonce du lancement de la mission (crédit : Conseil de l’Union européenne)

(BRUXELLES2) La décision est on ne peut plus concise et devrait être publiée au Journal officiel dès demain. La mission EUTM Mali est « lancée le 18 février 2013 ». Le commandant de la mission est « autorisé avec effet immédiat à entamer l’exécution de EUTM Mali ». Le plan de mission (MisPlan) et les règles d’engagement sont également « approuvés ». Une décision prise à l’unanimité par les 27 Etats membres…

Une Europe engagée

Cette décision « illustre combien l’Europe de la défense est active et s’engage » a expliqué le général de Rousiers, qui préside le comité militaire de l’UE. Après la décision prise en 2008 de s’engager dans la lutte contre piraterie ; celle prise en 2010 ce fut l’engagement dans la formation de l’armée somalienne. Et aujourd’hui il s’agit d’aller former « la nouvelle armée malienne ». Une mission « exaltante » – selon le général – car il s’agit de « faire venir la paix dans les esprits et sur le terrain ». Une décision « historique » également car elle inscrit l’Union européenne dans un engagement « important au Mali et dans le Sahel ».

Une mission qui s’inscrit dans le temps

Cette mission s’inscrit « durablement » dans le temps. La mission EUTM Mali aura un mandat « initial de 15 mois ». Mais elle pourrait être prolongée ensuite. « On verra ce que l’avenir se réserve. » Précisons que cette décision a été prise à l’unanimité par tous les ministres des Affaires étrangères. « Pas une voix ne s’est opposée ou a émis la moindre réserve. (…) L’Europe agit collectivement avec près de 20 pays qui apportent la contribution. C’est la richesse de l’engagement multinational qui permet à chacun d’apporter son expertise particulière ».

500 militaires

La mission comportera 500 militaires « provenant d’environ 20 pays » a annoncé le général. Ce qui confirme nos premières évaluations (publiées sur le Club) d’une grosse participation à cette mission. Tous les postes ne sont pas tout à fait pourvus. Mains on n’est pas loin. Selon nos informations, les derniers ajustements sont, en effet, en passe d’être réglés. Environ 90% de l’effectif est ainsi déjà affecté, notamment sur les fonctions principales. Il reste cependant encore certains postes notamment au sein de l’Etat major à confirmer (détail de la contribution des Etats membres et de leur affectation sur le Club de B2). La décision prise ce matin par le gouvernement belge d’apporter la ressource « Medevac » a levé la dernière hypothèque importante qui pesait sur la mission (Lire aussi :  La Belgique confirme son engagement dans EUTM Mali).

Effectif précurseur

Un effectif précurseur d’environ 70 soldats est déjà sur place à Bamako (composé de Français, Britanniques, Allemands, Espagnols, Suédois et Roumains). Vers le 27 février, ils devraient être un peu environ une centaine, plus concrètement « 105 » a précisé le général. Vers la mi-mars, la moitié de l’effectif nécessaire devrait être déjà sur place, croissant ensuite vers le chiffre de 500, qui signifie la « pleine capacité opérationnelle ». Ce qui est « le volume requis pour assurer la formation, le conseil et l’expertise, la protection de la force, le soutien logistique et le commandement ».

La ligne de commandement est claire

Le général Lecointre assurera le commandement des soldats dans le quotidien. Il exercera sa mission sous l’autorité politique du COPS et rendra compte régulièrement au président du Comité militaire.

Le coeur de la mission…

Cette mission comportera un risque : s’assurer de la qualité du recrutement comme de possibles dérapages de l’armée malienne. Le général de Rousiers en est bien conscient. Le recrutement des soldats sera « bien évidemment de la responsabilité des autorités maliennes ». Mais les Européens auront « une mission de conseil » importante. Ce sera « ensuite au général Lecointre de voir comment mettre en place un filtre final du recrutement des individus, en liaison avec les autorités maliennes ». Les Européens ne partent pas de rien. L’expérience acquise en dix années de présence en Afghanistan comme la mission de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia) est un acquis précieux. Quant aux comportements « déviants », ce sera « d’abord le rôle du gouvernement malien de rappeler les règles de comportement ». Mais c’est aussi « le cœur de la mission » européenne que « d’inculquer des règles, des habitudes, un savoir-être, un comportement qui est avant tout celui du respect de l’autorité. Un soldat n’agit pas en individu mais au sein d’une collectivité. »

Le contrôle des effectifs formés

Les Européens n’auront cependant pas pour mission de contrôler les effectifs formés. « Il est hors de question que les formateurs accompagnent les forces maliennes formées et se déplacent dans la reconquête de la stabilité de l’ensemble du territoire. Les chaînes de commandement sont strictement séparées. Les missions ne sont pas les mêmes. » Et les zones géographiques également. « C’est la différence entre la Misma – qui s’étend sur tout le territoire – et Eutm Mali – là pour former sur le court terme (conseils) et moyen-long terme (former la nouvelle armée). »

Pour contrôler la situation, une mission des Nations-Unies va d’ailleurs se déployer qui sera chargée de vérifier les bruits et rumeurs qui circulent, « d’établir des faits pour l’ensemble des contingents quels qu’ils soient (français, Misima, maliens) ».