Opération française au Mali : un engagement d’une rude continuité

(BRUXELLES2, commentaire) Il y a un changement de ton et de rythme politique. Les opérations sont annoncées sans trop de tapage, avec moins de tambours et de trompettes, plus tranquillement. De façon sans doute un peu plus concertée. Mais la continuité du pouvoir français en matière militaire et d’intervention extérieure est frappante.

La France de François Hollande intervient en Centrafrique d’abord pour sécuriser les ressortissants certes mais aussi marquer une présence aux cotés – ou plutôt à coté du pouvoir officiel. Comme la France de Nicolas Sarkozy était intervenue en 2008 aux côtés du pouvoir tchadien. La France de F. Hollande intervient aujourd’hui au Mali dans un conflit, en « solo » – dans un cadre international certes marqué – un peu comme la France de Nicolas Sarkozy était intervenue en Côte d’Ivoire (mais là il y avait une force de l’ONU présente). Et le consensus existe au plan national. La droite parlementaire approuvant cette intervention.

Cette opération « Serval » présente un réel risque militaire. Car les rebelles opposent une réelle résistance (un militaire français a déjà payé de sa vie) et car le conflit peut durer. Mais c’est aussi un vrai pari politique. Il s’agit de peser sur la scène internationale et africaine pour obliger les différents partenaires — Union européenne d’un côté, CEDEAO de l’autre — à accélérer la décision d’intervenir. Un pari qui s’il est gagné pourrait notablement installer le gouvernement de F. Hollande qui, jusqu’ici, manquait d’une certaine stature international, dans le jeu des grandes puissances. …

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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