Des observateurs internationaux au Mali, veulent les 27

(BRUXELLES2) Les 27 ministres des Affaires étrangères devraient ce jeudi (31 janvier) recommander la « présence d’observateurs au Mali » pour veiller aux violations des Droits de l’homme ou d’éventuelles exactions, selon le projet de conclusions qu’a pu lire B2.

Rumeurs ou vérités, les exactions peuvent entacher durablement l’opération française

Des échos divers parviennent en effet du terrain, parlant d’exactions envers des suspects d’islamistes, des collaborateurs. Des exécutions auraient eu lieu. Mais il est très difficile aujourd’hui de situer le vrai du faux, la rumeur de l’information réelle. Pour Philippe Bolopion d’Human rights watch, il y a un fond négatif « Depuis des mois, des éléments de l’armée malienne commettent des crimes en toute impunité. Des soldats maliens ont intimidé des journalistes et exécuté de soi-disant collaborateurs des rebelles, souvent d’origine touareg ou arabe. Selon plusieurs témoins, des bérets rouges maliens impliqués dans une tentative de contrecoup d’Etat fin avril 2012 ont été torturés, brûlés avec des cigarettes, frappés sur les parties génitales ou forcés de violer des codétenus. Le 8 septembre, 16 prédicateurs islamistes ont été tués dans le camp militaire de Diabali. »

La nécessité d’un déploiement rapide des observateurs

Quelle que soit l’étendue des faits, toute rumeur ou exaction réelle risque d’entacher très rapidement le succès militaire de l’opération Serval. Et les Français comme les Européens semblent l’avoir bien saisi. Ces observateurs devraient être des observateurs « internationaux » selon le ministre français délégué à la Défense, Kader Arif. Encore faut-il qu’ils soient déployés rapidement. Car, là, il ne s’agit pas de laisser s’installer une justice expéditive ou des rumeurs mal fondées. Il ne faut pas attendre trois mois. C’est une question de jours…