Du coût de l’opération Serval aux critères de Maastricht

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(BRUXELLES2) Les impératifs financiers et l’engagement militaire français au Mali (opération Serval) paraissent des questions très éloignées. Et pourtant… Les objectifs de ramener le déficit à moins de 3% en 2013 seront très difficiles à tenir pour le gouvernement Hollande. Et avec ce retard va revenir la question de l’imputation sur le déficit de certaines dépenses structurelles – comme celle de la défense – ou celles conjoncturelles – le surcoût des opérations extérieures (*).

L’intervention au Mali en est la démonstration la plus frappante. La France intervient certes en national mais dans le cadre des Nations-Unies et dans le cadre européen. L’Union européenne ayant marqué à plusieurs reprises sa préoccupation sur la question sahélienne. Elle exécute d’une certaine façon pour son compte des opérations que ne veulent pas prendre en charge, ou n’ont pas voulu prendre en charge, les autres pays européens.

L’affaiblissement des budgets de défense, continuel, rend en effet nombre d’armées européennes incapables de participer de façon importante à certaines opérations de stabilisation ou de maintien de la paix, tout simplement pour des raisons budgétaires. Il n’est pas irraisonnable d’ouvrir, un jour, ce débat… même s’il risque de ressembler à une boite de Pandore. Pourquoi cette opération et pas les autres (par exemple l’Afghanistan, Kfor et Eulex au Kosovo) ? Pourquoi la défense et pas d’autres secteurs ?

(*) Le ministre de la Défense mentionnait le chiffre de 30 millions d’euros pour les 7 premiers jours. On peut compter, selon une première estimation grossière (en faisant tourner les tableurs « maison »), que cette opération pourrait couter plutôt entre 150 et 300 millions d’euros.