20 millions d’aide humanitaire supplémentaire pour le Mali

(Crédit : Commission européenne /ECHO)

(B2) La Commission a accru aujourd’hui son aide humanitaire de 20 millions d’euros pour le Mali. Selon la Commission, en effet, « la situation humanitaire au Mali est de plus en plus instable: l’intensité des combats entraîne des mouvements de population et les organisations humanitaires luttent pour accéder à certaines zones. »

Situation instable

Aux Maliens déplacés par les combats de l’an dernier – 145 000 réfugiés et 200 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays – sont venus s’ajouter de nouveaux arrivants dans les camps dressés au Burkina Faso, en Mauritanie, au Niger et dans les villages et les villes du sud du Mali. « Cette situation met encore plus sous pression les communautés d’accueil qui souffrent déjà de la crise alimentaire de grande envergure qui sévit toujours au Sahel » estime la commissaire Georgieva. « J’appelle les autres donateurs à agir rapidement, car les populations sont affaiblies par des mois de privations » a-t-elle ajouté.

Le risque d’intensification de la crise alimentaire

Au total, on estime à 10,8 millions le nombre de personnes menacées par la faim au Sahel en 2013, dont 4,2 millions de Maliens. Dans le nord du Mali, 510 000 personnes auraient besoin d’une aide alimentaire d’urgence. « L’intensification du conflit aggrave la crise alimentaire et nutritionnelle en cours et des millions de Maliens risquent de se trouver en situation d’insécurité alimentaire en 2013 » estime-t-on du côté de la Commission. « En dépit d’une bonne récolte, le prix des denrées alimentaires de base reste élevé, ce qui les rend inaccessibles pour les plus démunis. Dans certaines régions du Sud, les taux de malnutrition grave restent supérieurs aux seuils d’alerte, aucune enquête n’ayant pu être menée dans le Nord. »

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).