Cinq pirates arrêtés par la Louise-Marie (maj2)

Skiff pirates dans « l’oeil de l’hélicoptère » – au milieu le RHIB qui se dirige sur place – à droite la Louise-Marie (crédit : Composante maritime de l’armée belge)

(BRUXELLES2) La frégate belge Louise-Marie qui croise au large de la Somalie pour le compte de l’opération européenne Eunavfor Atalanta a intercepté cinq pirates, samedi (15 décembre), vers 15 heures locales. Une arrestation qui ne doit rien au hasard. Les hommes étaient pistés. Dès mercredi, un groupe suspect de skiffs est ainsi repéré au large de la Somalie par des avions patrouilleurs d’Eunavfor. La Louise-Marie est alors en train de quitter le port de Mombasa (au Kenya) où elle avait fait relâche. La plus proche du lieu, elle se dirige alors vers la zone.

L’embarcation suspecte est de nouveau localisée samedi (15 décembre) vers 12h par l’avion de patrouille des gardes-côtes suédois, basé aux Seychelles. L’hélicoptère du Louise Marie intervient aussitôt, suivi en mer du RHIB avec l’équipe d’abordage. « Après les sommations verbales, les pirates ont rapidement levé les bras » précise la marine belge. « Leur embarcation était dotée d’une échelle et d’un grappin. » Ce qui laisse peu de doutes sur leurs intentions. Cependant « aucune arme n’a été trouvée » à bord. Le skiff a été remonté à bord, pour preuves, ou s’il faut libérer les pirates, pour les remettre à l’eau en liberté.

Les suspects sont cependant soupçonnés d’avoir attaqué le MV Papua (*), le 28 novembre dernier, à 500 miles nautiques des côtes somaliennes. Les pirates dans deux skiffs, soutenus par un bateau mère, avaient alors tenté de prendre d’assaut le navire, armés de grappins et d’échelles. Ils avaient été repoussés par l’équipe de sécurité privée à bord. Le système mis en place d’identification à la fois visuelle (photographies, témoignages…) et biométrique mis au point par les forces anti-piraterie pourraient permettre de confondre les pirates. Restera ensuite à trouver le tribunal compétent (et qui accepte de les juger). (Maj) Ils ne pourront pas être jugés en Belgique a assuré le parquet fédéral par la voie de son porte-parole.

Suites judiciaires… ou non

En attendant une suite judiciaire, les prévenus ont été soignés pour déshydratation, épuisement et malnutrition. L’un d’eux souffrait « d’un abcès au poignet et va être opéré par le chirurgien de bord » précise-t-on coté belge. « Sans la présence de la frégate, ils auraient sans doute pu mourir ».

Après 4 jours de détention, les suspects ont été relâchés au large d’une plage somalienne mercredi (19 décembre), au petit matin (4 heures locales), « après examen des preuves disponibles» précise-t-on au QG d’Atalanta (et des tribunaux disponibles, pourrait-on ajouter). « Le magistrat belge embarqué à bord du navire a enquêté et établi qu’il n’existe pas de lien entre les intéressés et les auteurs d’actes de piraterie précédents à l’encontre d’un navire battant pavillon belge » précise-t-on côté de l’Etat-major belge.

(*) un navire marchand d’un armateur allemand battant pavillon libérien, très discret. Sans doute du fait de la présence de gardes privés à son bord

(Maj 1 et 2 : précisions apportées sur les suites judiciaires et l’état des suspects appréhendés)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).