Sissoko nommé premier ministre malien. A la satisfaction de tous…

(BRUXELLES2) La nomination très rapide, comme Premier ministre de Django Sissoko, jusqu’à là médiateur de la République, quelques heures à peine après la démission, forcée, de Cheick Modibo Diarra a suscité une réaction rapide au niveau européen. Il faut dire que si la méthode du départ de Diarra avait suscité un petit trouble, celui-ci n’a pas été très long. Selon plusieurs sources, même, on est en quelque sorte assez heureux de ce dénouement. Diarra était plutôt considéré comme un « empêcheur » dit l’un ; il « ralentissait tout ». Son départ est « plutôt une bonne nouvelle ».

Accalmie au service diplomatique européen

La Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton s’est donc félicitée de la nomination rapide de Django Sissoko. « Nous avons eu par le passé des contacts avec lui en tant que médiateur de la République et avons pu apprécier sa personnalité consensuelle, ses dons de négociateur et sa bonne connaissance de la vie politique malienne », selon son porte parole. « Nous attendons la nomination rapide d’un gouvernement inclusif » a t-il ajouté.

Dernière mise en garde pour les militaires avant les sanctions

La chef de la diplomatie européenne « regrette cependant les conditions dans lesquelles ce changement de premier ministre s’est fait et appelle les militaires à cesser d’interférer dans la vie politique ». S’ils ne soutiennent pas le processus de transition, la Haute représentante menace de faire appel aux conclusions du Conseil du 15 octobre. Elle émet « la possibilité d’adopter des sanctions ciblées contre ceux qui entraveraient le retour à l’ordre constitutionnel ».

Une nouvelle fois, Catherine Ashton a réitéré la précondition à l’intervention que représente une feuille de route en vue du retour complet à l’ordre et prévoyant la tenue d’élections crédibles la mise en place d’institutions légitimes, la réforme de l’armée et des forces de sécurité sous le pouvoir civil et une stratégie de réunification du pays par le dialogue.

Un homme politique malien d’expérience

Âgé de 62 ans, Django Sissoko était médiateur de la République depuis mai 2011. Il a passé 40 ans au service du Mali. Diplômé en droit et en administration publique en France, il étudie à Caen, Paris et Rouen. De retour au Mali, il passe rapidement Directeur des services pénitentiaires à Ministre de la Justice en 1984. En 1988, il devient secrétaire général à la présidence de la République sous le régime de Moussa Traoré, un militaire qui a été renversé en 1991 après plus de 22 années de pouvoir. Il a également occupé les mêmes fonctions par la suite, de 2008 à 2011, sous la présidence d’Amadou Toumani Touré, déposé par les putschistes en mars dernier.

Cheick Modib Diarra en sécurité

Le Capitaine Sanogo, chef des putshistes maliens, a assuré que l’ancien Premier ministre n’était « ni arrêté, ni en résidence surveillée » et que ses hommes étaient à son domicile simplement afin d’assurer sa sécurité. Le militaire a également démenti être opposé à l’envoi d’une force internationale dans le nord Mali.

(complété par NGV)