Mauvaise nouvelle à Bruxelles, le Premier ministre malien balayé par l’armée

(BRUXELLES2) La démission du Premier ministre malien a sonné comme un coup d’alarme à Bruxelles. Le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra a en effet démissionné dans la nuit de lundi à mardi (10 au 11 décembre 2012). Le Premier ministre malien est intervenu, ce matin, sur la télévision publique malienne l’espace de quelques secondes afin de « remercier les membres du gouvernement et tous leurs collaborateurs pour les efforts dont ils n’ont pas fait économie » a t-il déclaré avant de « souhaiter à la nouvelle équipe plein succès dans ses missions », sans donner la moindre explication supplémentaire. Les militaires l’avaient arrêté quelques heures plus tôt à son domicile de Bamako. Il aurait été conduit à Kati, ville de garnison située à 15 km au nord de Bamako et qui sert encore de quartier général aux militaires putschistes.

A Bruxelles, on attend un nouveau Premier ministre

Interrogé par B2, La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a tenu à réagir – par le biais de son porte parole. « Prenant « note » de la démission du Premier ministre malien, elle « appelle le Président par intérim à nommer rapidement, après consultation des forces politiques, un nouveau premier ministre consensuel afin de former un gouvernement inclusif ».

Non aux interférences militaires

La Haute représentante « appelle une nouvelle fois à l’adoption rapide d’une feuille de route en vue du retour complet à l’ordre constitutionnel, prévoyant la tenue d’élections crédibles et la mise en place d’institutions légitimes, la réforme de l’armée et des forces de sécurité sous le contrôle du pouvoir civil et démocratique ainsi qu’un mécanisme et une stratégie de réunification du pays par le dialogue. » Elle enjoint également aux « militaires à cesser d’interférer dans la vie politique et à appuyer le processus de Transition vers le retour à l’ordre constitutionnel ».

Préparation d’EUTM Mali : on continue

Les préparatifs de la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) « continuent, mais bien-sûr nous observons l’attitude des militaires de manière très attentive selon qu’ils continuent ou non d’interférer dans la vis politique », a déclaré le porte parole de la diplomatie européenne, Michael Mann, en conférence de presse.

Les putchistes s’oppose à l’intervention européenne

A l’origine de l’arrestation du Premier ministre, le capitaine Sanogo, orchestrateur du coup d’Etat du 22 mars qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré. Les militaires se défendent d’un nouveau coup d’Etat. « le pays est en crise et il bloquait les institutions. Il ne s’agit pas d’un coup d’Etat », a déclaré mardi Bakary Mariko, porte parole du Capitaine Sanogo, interrogé par France24. « Cheick Modibo Diarra n’a pas rempli les deux missions qui lui étaient attribuées : la libération du Nord-Mali et l’organisation d’élections libres et transparentes. Depuis sa nomination, il n’a pas agi en homme de devoir. Tout ce qu’il a fait, il l’a fait au nom de son agenda personnel… ». Les militaires putchistes estiment pouvoir résoudre tout seuls la crise dans le nord, sans soutien autre que financier ou logistique, des forces internationales ou africaines. Il a toutefois indiqué qu’un nouveau chef de gouvernement serait nommé « dans les prochaines heures » par le Président. Ecouter son interview à la chaine francaise :