EUTM Mali : les 27 approuvent le concept de l’opération (Maj3)

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(BRUXELLES2) Les 27 ministres des affaires étrangères approuvent, aujourd’hui (10 décembre), sans débat, le concept de gestion de crises de EUTM Mali, l’opération de l’Union européenne de formation de l’armée malienne. Celle-ci aura pour mission de former 4 bataillons de l’armée malienne (combat, appui logistique et soutien logistique) ainsi que de fournir conseil et assistance au ministère malien de la Défense et à la structure de commandement. Objectif : « contribuer à améliorer les capacités militaires et l’efficacité des forces armées maliennes afin de permettre, sous autorité civile, le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays ».

Une menace pour l’Europe également

Selon la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton : « la présence de groupes terroristes et l’oppression des populations locales dans le nord du Mali ainsi que les violations des droits de l’homme ne représentent pas seulement une lourde menace pour la région du Sahel mais aussi pour l’Afrique du Nord et l’Europe ». « Nous sommes déterminés à mobiliser intégralement l’ensemble des outils à notre disposition afin d’aider les Maliens à rétablir l’Etat de droit et un gouvernement démocratique et pleinement souverain avec autorité sur l’ensemble du territoire ». « L’expertise militaire européenne peut contribuer de façon significative à cet effort, dans le cadre du soutien plus large que nous apportons à la transition démocratique et de l’aide humanitaire aux populations en détresse ». Lire aussi : L’Europe augmente son aide humanitaire au Mali

La planification suit son cours

Ce premier feu vert officiel permet d’enclencher les autres étapes. La planification devrait aller assez vite. Car certains éléments sont déjà bien avancés. Ainsi il ne devrait y avoir qu’un seul document (Conops/Oplan) détaillant le concept et le plan d’opération avant la décision de lancement de la mission qui pourrait intervenir au début de l’année suivante. Il faudra ensuite déployer les effectifs sur le terrain, ce qui devrait prendre plusieurs semaines (jusqu’à trois mois) avant de pouvoir commencer les formations. Chacun des bataillons recevrait une formation durant 3 à 4 mois. Le premier bataillon ne pourrait ainsi pas être prêt avant l’été.

La participation d’une dizaine de pays

La mission européenne devrait être composée de 350 à 400 personnes (dont 200 formateurs, 60-70 personnels de protection et du soutien). La génération de forces – qui n’a pas encore commencé formellement – s’annonce positive selon les premiers retours. Une bonne dizaine de pays ont déjà manifesté, de façon précise ou sur le principe, leur intention de participer à cette opération. Certains enverront des formateurs, d’autres des éléments de soutien ou de protection. Si la France devrait fournir une bonne partie des formateurs, elle ne sera pas seule. L’Espagne – avec 20 à 40 militaires -, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie ont déjà exprimé leur volonté de participer à cette mission. Chypre, la Suède, la Slovénie et l’Irlande (le ministre de la Défense l’a confirmé à B2 – interview complète sur le Club) comme – hors UE -, le Canada et la Norvège devraient également fournir des effectifs. Les Européens devraient être dotés de leur propre force de protection, et non pas se reposer uniquement sur les forces maliennes ou de la CEDEAO (une des options envisagées au départ).

Le rééquipement de l’armée malienne a commencé

L’équipement de l’armée malienne (armes, matériels…) ne sera pas effectué par la mission européenne (à l’exception de certains moyens informatiques ou de transmission qui peuvent être financés sur fonds européens). Il devrait donc être fait de manière bilatérale. Mais le ministre de la Défense malien peut déjà se féliciter d’un premier arrivage. Le blocage du navire bulgare chargé d’armes en Guinée vient d’être levé ; la CEDEAO ayant levé l’embargo qui frappait ce navire depuis le début du coup d’Etat. Transbordé sur des camions, les chargements ont commencé à arriver à Bamako, la capitale malienne, la semaine dernière.

(mis à jour à 18h avec citation de C. Ashton, précisions sur les pays participants et les chiffres de participation)

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