Le Neuron se fait son premier vol

Le Neuron se fait son premier vol

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Le Neuron en préparation du premier vol (© Dassault Aviation - Ph. Stroppa)

(BRUXELLES2) C’était à Istres aujourd’hui (1er décembre) dans le sud de la France. Tout seul (ou presque), le Neuron a fait son premier vol. Ce démonstrateur de drone de combat furtif est en effet piloté à terre. Ce sont les équipes de Dassault Aviation, qui tenaient le manche, sous l’oeil attentif des experts techniques de la DGA qui assuraient le contrôle de l’espace aérien (histoire que rien ne vienne gâcher ou retarder ce vol). Entamé en 2003, notifié en 2006, ce programme devrait préparer le terrain à un drone de combat ou futur avion de chasse à l’horizon 2030.

La campagne d’essais démarre

Ce vol est une « étape majeure » estime-t-on à la DGA car cela ouvre la voie aux campagnes d’essais en vol du démonstrateur en Italie, en Suède et en France. Ces essais ont pour objectif de démontrer les qualités de vol de la plate forme, mais aussi d’en évaluer la furtivité et les aptitudes au combat. Le drone doit, en effet, être capable d’exécuter une mission air-sol, basée sur la détection, la localisation et la reconnaissance de cibles au sol, de façon autonome, c’est-à-dire en rectifiant au besoin sa position ; puis de réaliser un tir à partir d’une soute interne, dans des délais de réactivité très courts. Le démonstrateur permet aussi d’évaluer de la détectabilité d’une plate-forme furtive face à des menaces sol et air, tant dans le domaine de la signature radar, que dans celui de la signature infrarouge. Long de 9 m, avec une envergure de 12 m, d’un poids total de 7 tonnes, le Neuron peut atteindre une vitesse maximale de 980 km / heure proche du Mach 1 (1220 km/h).

Programme européen

Entamé en 2003, le Neuron est un programme mené en coopération européenne, avec 5 autres pays (Italie, Suède, Espagne, Grèce, Suisse) mais sous forte impulsion française. C’est la DGA qui gère le projet et est l’agence d’exécution unique. Tandis que Dassault Aviation, en tant que maître d’œuvre unique, est responsable de l’exécution du contrat principal. « L’objectif de ce projet n’est pas de créer de nouvelles capacités technologiques en Europe, mais de tirer le meilleur bénéfice des niches existantes» estime-t-on chez Dassault.

Répartition des tâches

Le constructeur français est responsable de la conception générale et de l’architecture du système, des commandes de vol, des dispositifs furtifs, de l’assemblage final, de l’intégration des systèmes, ainsi que des essais au sol et en vol. L’italien Alenia Aermacchi contribue au projet avec un concept novateur de soute interne d’armements (dite « Smart Integrated Weapon Bay » – SIWB), un capteur interne EO/IR, les portes de soute et leur mécanisme d’ouverture, ainsi que le système électrique de la plate-forme, et l’anémométrie. Le suédois SAAB a en charge de la conception du fuselage principal, des trappes de train, de l’avionique, ainsi que du système carburant. L’euro-espagnol (EADS-CASA) apporte son expérience pour les ailes, le segment sol, et l’intégration de la liaison de données. Le Grec Hellenic Aerospace Industry (HAI) est responsable de la section arrière du fuselage, de la tuyère, ainsi que de la fourniture de racks du « banc d’intégration global ». Tandis que le Suisse RUAG prend en charge les essais de soufflerie basse vitesse, et les interfaces entre la plate-forme et les armements. Notons qu’il n’y a pas de britannique dans ce projet, BAE Systems développe en effet un système concurrent, le Taranis.