La Palestine obtient son statut d’Etat observateur à l’ONU. Les Européens soutiennent

Applaudissements à la fin du vote sur la Palestine à l'ONU (crédit : UN Photo/Rick Bajornas)

(BRUXELLES2) 138 voix pour, 41 abstentions, 9 voix contre. La majorité exprimée à l’Assemblée générale de l’ONU à New York jeudi (29 novembre) a été suffisamment claire pour que la Palestine obtienne son statut d’Etat observateur aux Nations-Unies sans trop de difficulté. Après avoir beaucoup hésité, plusieurs pays ont finalement rallié soit le camp des « Oui », soit se sont abstenus. Plusieurs des Etats réticents au statut de la Palestine ont finalement fait le choix de ne pas être totalement négatifs et de s’abstenir. Ce qui revient au même dans le vote mais un autre effet au niveau politique. A noter que la séance était présidée par le ministre serbe Vuk Jeremic !

Malgré leur différence de vote, les déclarations des différents ministres européens des Affaires étrangères ont été unanimes pour souhaiter une reprise du processus de paix et saluer la solution. Sur ce point l’Europe a évité le pire : la différence de vote exprime davantage un différence d’approche qu’une contradiction politique. On peut lire les différentes déclarations des ministères, mis en lien sur le précédent article ou ci-après en cliquant sur le pays.

L’effet d’entraînement

Il est indéniable sur ce point que la position française, assez vite imprimée d’un vote positif, a entraîné un effet de bascule de plusieurs pays qui ont attendu le jeudi (29 novembre) pour afficher leur intention. L’Italie, la Grèce et la Suède ont ainsi voté oui. Tandis que l’Allemagne ou les Pays-Bas traditionnels opposants basculaient, eux, dans l’abstention.

Finalement 14 pays de l’Union européenne ont voté oui (Autriche, Belgique, Chypre, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Portugal, Suède), 12 se sont abstenus (Allemagne, Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Slovénie, Slovaquie), et 1 seul a voté contre (république Tchèque). Celle-ci a été le seul pays d’Europe à se retrouver aux côtés d’Israël et des Etats-Unis (avec le Canada, Tonga, Micronésie) ; ce qui est assez fidèle à une position constante de cet Etat (lire : « Défensive » une « erreur » tchèque chargée d’histoire…). A comparer aux 11 votes Oui, 11 Abstentions et 5 Contre à l’Unesco il y a un an, on voit bien l’évolution.

On peut aussi tirer comme leçon de ce vote que l’Union européenne arrive à prendre des positions différentes des Etats-Unis et ne pas se retrouver minorisée.

Signalons enfin que parmi les adhérents/associés à l’UE, déclarés ou potentiels, l’Islande, la Norvège, la Serbie, la Suisse et la Turquie ont voté oui. Tandis que l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, Croatie, le Montenegro, et la Fyrom/Macédoine (les Balkans en quelque sorte) s’abstenaient.

La solution à 2 Etats

Cette reconnaissance a été saluée rapidement jeudi soir (minuit) par Martin Schulz, le président du Parlement européen. « Je considère cela comme un pas important pour avoir une représentation palestinienne plus visible, plus forte et plus efficace » a-t-il déclaré. L’institution démocratique avait déjà marqué, dans une récente résolution, son soutien à la candidature de la Palestine pour devenir un Etat non-membre observateur à l’ONU. Et de réaffirmer son soutien à « une solution à deux Etats sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats, avec l’État d’Israël et un État de Palestine indépendant, démocratique et viable, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ».

Cependant a averti Schulz : « Le vote d’aujourd’hui à l’Assemblée générale des Nations Unies n’est en aucun cas un substitut à une solution politique globale négociée acceptable par les deux parties. Nous appelons les deux parties à faire tout leur possible pour revenir à la table des négociations et de créer les conditions pour la reprise des pourparlers de paix directs. »

Lire aussi : Face à la reconnaissance de la Palestine, les Européens hésitent. Mais finalement une majorité vote oui

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).